Lorsqu’on travaille à son compte, les vacances ne commencent pas toujours au moment où l’on ferme son ordinateur.
On peut quitter son bureau tout en continuant à penser aux clients, aux factures, aux messages en attente et à tout ce qu’il faudra gérer au retour. L’entreprise tient parfois dans un téléphone… que l’on garde soigneusement à portée de main.
Pour de nombreuses entrepreneuses et de nombreux entrepreneurs, partir quelques jours soulève donc une vraie question : peut-on réellement prendre des vacances lorsque personne ne peut complètement prendre le relais ?
La réponse est oui. Mais cela demande souvent d’accepter que tout ne continuera pas exactement comme si l’on était là.
Quand on est salarié, les congés font partie du fonctionnement normal de l’entreprise. Quand on est indépendant, chaque journée non travaillée peut donner l’impression d’être une journée sans chiffre d’affaires, sans réponse apportée aux clients ou sans développement commercial.
À cela s’ajoute une forme de culpabilité : celle de ne pas être disponible.
Certaines entrepreneuses ressentent particulièrement cette pression. Elles ont parfois pris l’habitude de tout anticiper, de répondre rapidement et de veiller à ce que personne ne manque de rien. Elles finissent alors par considérer leur propre repos comme la dernière priorité.
Pourtant, une entreprise ne devient pas plus solide parce que sa dirigeante s’épuise à rester joignable en permanence.
S’arrêter quelques jours ne signifie pas manquer de sérieux ou perdre son ambition.
Le repos permet de récupérer physiquement, mais aussi de retrouver de la clarté. Les décisions deviennent plus difficiles lorsque la fatigue s’installe. On passe davantage de temps sur des tâches simples, on doute plus facilement et l’on peut perdre de vue les véritables priorités.
Les vacances ne servent donc pas uniquement à « ne rien faire ». Elles permettent aussi de revenir avec davantage d’énergie et parfois avec un regard différent sur son activité.
Mais pour que cette coupure soit réellement bénéfique, encore faut-il ne pas transformer ses vacances en bureau avec vue sur la mer.
Tout le monde ne peut pas fermer son entreprise pendant trois semaines et disparaître totalement. L’activité, la saison, les responsabilités et l’organisation sont différentes pour chacun.
L’objectif n’est pas de suivre un modèle parfait, mais de choisir clairement son niveau de disponibilité.
Vous pouvez par exemple décider :
Le plus important est d’éviter la disponibilité permanente et floue. Regarder son téléphone toutes les vingt minutes empêche de travailler vraiment, mais aussi de se reposer vraiment. On reste entre les deux, avec la sensation désagréable de ne réussir ni l’un ni l’autre.
Partir sereinement ne devrait pas nécessiter de travailler deux fois plus pendant les quinze jours précédents.
Quelques actions simples peuvent déjà faire une vraie différence.
Informez vos clients, partenaires et prestataires de vos dates d’absence. Un message clair permet à chacun de s’organiser et évite les demandes de dernière minute.
Indiquez la date de votre retour et précisez si vous consulterez ou non vos messages pendant votre absence. Si une personne peut être contactée en cas d’urgence, mentionnez uniquement ses coordonnées avec son accord.
Tout ce qui arrive pendant vos vacances n’est pas urgent. Avant de partir, demandez-vous quelles situations nécessiteraient réellement votre intervention. La liste est souvent beaucoup plus courte qu’on ne l’imagine.
Garder une liste permet de ne pas transporter mentalement toutes les tâches avec soi. Ce qui est écrit n’a plus besoin d’être retenu en permanence.
Évitez, si possible, de remplir entièrement votre première journée de retour. Prévoyez du temps pour lire vos messages, reprendre vos dossiers et remettre vos priorités dans l’ordre.
Les vacances ne sont pas forcément trois semaines loin de chez soi.
Une vraie coupure peut aussi prendre la forme de quelques jours sans rendez-vous, d’un week-end prolongé ou de plusieurs journées totalement protégées dans l’agenda.
Ce qui compte, ce n’est pas seulement la durée. C’est la qualité de la déconnexion.
Deux jours pendant lesquels on ne répond à personne peuvent parfois être plus reposants qu’une semaine passée à surveiller ses notifications entre deux baignades.
L’une des difficultés de l’entrepreneuriat est de croire que l’on doit être capable de tout gérer seule ou seul.
Un réseau professionnel ne sert pas uniquement à trouver des clients. Il permet aussi de rencontrer des prestataires fiables, de demander un conseil, de trouver une personne capable de prendre temporairement le relais ou simplement d’échanger avec d’autres entrepreneurs qui rencontrent les mêmes difficultés.
Savoir que l’on peut compter sur certaines personnes rend l’absence moins inquiétante.
C’est aussi cela, la force d’un réseau local : ne pas rester seul face aux imprévus.
Il n’existe pas de durée idéale valable pour tout le monde. Quelques jours de véritable coupure peuvent déjà être bénéfiques. L’essentiel est d’anticiper son absence et de choisir des périodes adaptées à son activité.
Oui, si cela correspond à une décision réfléchie. Il est préférable de fixer un créneau précis plutôt que de rester disponible toute la journée. Les clients acceptent généralement très bien une absence lorsqu’elle est annoncée clairement.
Il faut se rappeler que le repos fait partie de la vie professionnelle. Une entreprise a besoin d’une personne capable de réfléchir, de décider et de garder de l’énergie dans la durée. Se reposer n’est donc pas du temps perdu.
Prendre quelques jours pour soi ne devrait pas être considéré comme une récompense réservée aux périodes où tout est terminé. Dans une entreprise, tout n’est jamais complètement terminé.
Il restera toujours un message à envoyer, une idée à développer ou un dossier à préparer.
La vraie question n’est donc peut-être pas : « Puis-je me permettre de partir ? » mais plutôt : « Comment organiser mon activité pour qu’elle ne repose pas entièrement sur ma disponibilité permanente ? »
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Parce qu’entreprendre est plus simple lorsque l’on sait que l’on n’est pas obligé de tout porter seul.

