Publié le · par Réseau Actif · sources officielles citées
Régler son poste de travail sur écran (siège, bureau, écran, clavier, souris, lumière, portable), rompre la position assise, et ce que le code du travail impose à l'employeur. Exemples fictifs et check-list d'auto-diagnostic en Word.
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Il n'existe pas de posture idéale, prévient l'INRS, mais une posture assise « de moindre inconfort ». Elle se règle de bas en haut : la chaise, puis le bureau, puis l'écran. Commencer par l'écran, c'est accrocher les tableaux avant de monter les murs.
Montez l'assise jusqu'à poser les pieds à plat, cuisses horizontales. Le bas du dossier épouse le creux du dos ; les accoudoirs soutiennent les avant-bras sans empêcher d'approcher le bureau. Une chaise de bureau a souvent plus de manettes que son propriétaire n'en a jamais touché : essayez-les toutes.
Réglez ensuite le bureau, s'il le permet, pour que les coudes, proches du corps, s'ouvrent entre 90 et 135°, la main dans le prolongement de l'avant-bras. Bureau fixe trop haut ? Montez la chaise et ajoutez un repose-pieds.
Le haut de l'écran se place au niveau des yeux ou juste en dessous, à 50 à 70 cm en général. Avec des verres progressifs, baissez-le pour lire par le bas des verres.
Le clavier se pose à 10 à 15 cm du bord du bureau, et les poignets ne s'appuient pas en continu sur l'arête pendant la frappe.
Les petits pieds sous le clavier ? L'INRS déconseille de les déplier : ils relèvent le poignet. Ils attendaient leur heure depuis l'achat ; elle ne viendra pas. La souris se place dans le prolongement de l'avant-bras ; un clavier sans pavé numérique la rapproche, si vous tapez peu de chiffres.
Hélène, 52 ans, a mal à la nuque : son écran trône sur l'unité centrale et elle porte des verres progressifs, donc elle lit menton levé toute la journée. Son employeur pose l'unité centrale au sol, baisse l'écran et le recule d'un bras. Coût : zéro euro, un quart d'heure.
La place du bureau compte autant que ses réglages. Posez l'écran perpendiculaire à la fenêtre, à plus de 1,50 m d'elle : face à la vitre, vous plissez les yeux ; dos à elle, le soleil se reflète dans l'écran. Pas d'écran face au mur, où l'œil ne peut jamais regarder au loin.
L'éclairage conseillé par l'INRS au poste : 300 à 500 lux pour un écran à fond clair, 200 à 300 lux pour un fond sombre. Préférez un écran mat, l'affichage sur fond clair et des stores à lamelles horizontales. Le code veut « autant que possible » une lumière naturelle suffisante (article R. 4223-3).
La chaleur et le bruit comptent aussi : 21 à 26 °C et 40 à 70 % d'humidité pour un bureau sur écran (norme NF X35-102 citée par l'INRS). Les conversations n'abîment pas l'oreille, mais elles fatiguent et dispersent l'attention.
Pour l'INRS, l'utilisation prolongée d'un ordinateur portable « est inadaptée » : écran soudé au clavier, l'un est toujours trop bas ou l'autre trop haut. La solution : une station d'accueil avec écran, clavier et souris externes.
À défaut, rehaussez le portable « sur une pile de livres », dit l'INRS, et ajoutez clavier et souris. Le code général des impôts trouve enfin un usage quotidien. Avec deux écrans, prenez-les identiques et à la même distance des yeux.
En télétravail, les mêmes règles valent, et l'INRS demande d'intégrer le télétravail à l'évaluation des risques : poste mal aménagé, sédentarité, isolement, journées qui s'allongent. L'employeur organise chaque année un entretien sur les conditions d'activité et la charge de travail (article L. 1222-10).
L'accident survenu sur le lieu du télétravail pendant l'activité est présumé être un accident du travail (article L. 1222-9). La table de la cuisine est donc, quelques heures par semaine, un lieu de travail.
Inès travaille deux jours par semaine sur la table de sa cuisine, portable à plat, et signale à son entretien annuel des douleurs au cou. Son employeur lui prête écran, clavier et souris, et ajoute une ligne « télétravail » au document unique.
La position assise a un défaut sournois : elle est confortable. L'INRS lui reconnaît un « caractère insidieux ». Prolongée, avec une très faible dépense d'énergie, elle est associée à une hausse de la mortalité, des maladies cardiovasculaires, du diabète de type 2, de certains cancers, de l'obésité et des lombalgies.
Le travail en est le premier fournisseur : une étude française de 2013 sur plus de 35 000 actifs, citée par l'INRS, comptait 7 h 27 assis par jour, 9 h 46 pour les métiers surtout assis. En 2024, 28 % des adultes déclarent plus de 7 heures assis par jour (Santé publique France).
Toutes les 30 minutes. En octobre 2025, l'Anses a mis à jour ses recommandations : marcher 5 minutes toutes les 30 minutes, à intensité faible à modérée, améliore la glycémie et l'insulinémie, ainsi que l'attention et l'humeur. L'effet s'atténue au-delà, surtout après une heure.
Santé publique France rappelle le repère plus ancien de se lever au moins toutes les deux heures. Pour le poste de travail, l'INRS vise une rupture « idéalement toutes les 30 minutes » et au plus 5 heures assis par jour, « idéalement ».
Le sport ne rattrape pas la chaise. Pour l'INRS, les bienfaits d'une activité de loisir régulière « ne suffisent pas à compenser » les postures sédentaires au travail. Le footing du dimanche ne rembourse pas les quarante heures de chaise de la semaine.
Le bureau assis-debout est une bonne réponse s'il sert à alterner. Mais l'INRS met en garde contre le travail debout toute la journée, qui apporte d'autres problèmes : mauvaise circulation, mal de dos.
Les pauses d'écran : regarder au loin, même brièvement. Téléphoner debout, aller chercher l'impression soi-même : ce sont des pauses déguisées en travail. La règle légale pour les salariés est dans notre guide « Les pauses au travail : ce que dit la loi, et pourquoi elles comptent aussi pour le patron ».
L'employeur protège la santé physique et mentale des travailleurs (article L. 4121-1), en suivant le principe « adapter le travail à l'homme » (article L. 4121-2). Il évalue les risques, y compris dans la définition des postes (article L. 4121-3), et les inscrit au document unique : voir notre guide « Document unique (DUERP) : méthode et trame Word ».
Les règles propres au travail sur écran visent le salarié qui utilise un écran « de façon habituelle et pendant une partie non négligeable du temps de travail » (article R. 4542-1). L'employeur évalue ces postes et corrige ce qu'il constate (R. 4542-3). Le code exige notamment :
Le service de prévention et de santé au travail, auquel tout employeur adhère, aide à évaluer et prévenir les risques, y compris ceux du télétravail (article L. 4622-2). Le médecin du travail peut proposer par écrit un aménagement du poste (article L. 4624-3). L'employeur en tient compte ; s'il refuse, il donne ses motifs par écrit (article L. 4624-6).
Un négociateur de Marc a mal au poignet. Le médecin du travail propose une souris verticale et un bureau à hauteur variable. Marc achète la souris tout de suite ; pour le bureau, il répond par écrit qu'il le commandera en mars, au renouvellement du mobilier, et l'inscrit au document unique.
Les lunettes d'écran peuvent être à la charge de l'employeur. Si la surveillance médicale l'exige et que les lunettes habituelles ne conviennent pas, le salarié reçoit des dispositifs de correction spéciaux, sans « aucune charge financière additionnelle » pour lui (article R. 4542-19).
Le portable n'échappe pas aux règles. Le code n'exclut les « systèmes portables » que s'ils ne font pas l'objet « d'une utilisation soutenue à un poste de travail » (article R. 4542-1, 4°). Le portable de votre assistante, sept heures par jour, est un poste sur écran comme un autre.
L'Assurance maladie, branche risques professionnels, subventionne en 2026 la prévention des risques liés aux manutentions, aux vibrations et aux postures pénibles (dépliant de juillet 2026). Elle finance 70 % des investissements, avec une subvention minimale de 500 € (soit 715 € HT investis) et, pour 2024-2027, un plafond de 75 000 € par entreprise de moins de 200 salariés.
Les conditions changent d'une campagne à l'autre : lisez le cahier des charges sur ameli.fr avant de signer le bon de commande, pas après. Et pour vous, patron ? Le code ne vous oblige à rien pour votre propre chaise. Votre dos, lui, n'a pas lu le code.
Poste : [bureau, télétravail] · utilisateur : [nom] · date : [jj/mm/aaaa]
Écran par jour : [… heures] · assis par jour : [… heures] · ordinateur : [fixe / portable]
Pieds à plat au sol ou sur un repose-pieds ; genoux à 90° ou plus ; dos calé contre le dossier.
Épaules relâchées, coudes entre 90 et 135°, avant-bras posés sur le bureau.
Haut de l'écran au niveau des yeux ou juste en dessous, à 50-70 cm, sans reflet.
Clavier à 10-15 cm du bord, pieds repliés ; souris dans l'axe de l'avant-bras ; portable relié ou rehaussé.
Écran perpendiculaire à la fenêtre, stores, vue au loin ; bruit, chaleur, lumière : [remarques]
Lever au moins toutes les 30 minutes à 1 heure ; tâches debout : [lesquelles]
Salarié informé sur son poste le [date] ; risque « écran » au document unique.
Gênes ressenties (nuque, épaules, poignets, dos, yeux) : [où, depuis quand] · signalées au médecin du travail le : [date]
Actions décidées : [action] · qui : [nom] · avant le : [date] · prochain contrôle : [date]
N'entreprenez pas seul : CCI, CMA, réseaux d'entrepreneurs et pépinières vous font rencontrer des gens qui ont les mêmes questions, et souvent déjà quelques réponses.
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Pour nous rencontrer : reseauactif.fr
Sources (lues le 23 octobre 2026). Code du travail (codes.droit.org, version du 8 octobre 2026) : L. 1222-9, L. 1222-10, L. 4121-1 à L. 4121-3, L. 4622-2, L. 4624-3, L. 4624-6, R. 4223-3, R. 4225-5, R. 4542-1 à R. 4542-19 · INRS : dossier « Travail sur écran » (11 juin 2025), brochure ED 6494 (mai 2024), dossier « Télétravail » (24 août 2022) · Anses, « Marcher régulièrement 5 minutes pour préserver sa santé » (8 octobre 2025) · Santé publique France, Baromètre 2024, sédentarité (16 décembre 2025) · travail-emploi.gouv.fr, SPST (13 octobre 2025) et principes de prévention (9 octobre 2024) · Assurance Maladie - Risques professionnels, dépliant « risques ergonomiques » (juillet 2026) ; page ameli.fr illisible par nos outils, à vérifier avant toute demande. Avertissement. Exemples fictifs. Repères d'aménagement, ni avis médical ni conseil juridique : une douleur qui dure se montre à son médecin ou au médecin du travail. Version. Document établi le 24 octobre 2026 par Réseau Actif.
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