Présenter son activité en trente secondes, en une minute ou en trois minutes, sans réciter ni tout dire. La méthode en cinq temps, des exemples avant et après, trois exercices, une grille pour vous évaluer et les trames à remplir.
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Ce guide vous aide à écrire votre présentation, mais un pitch n'existe vraiment qu'une fois prononcé. Écrivez-le, puis dites-le, chronométrez-le et réécrivez-le. Trois passages à voix haute changent davantage le résultat qu'une heure de plus devant la page.
Un pitch ne sert pas à tout dire de votre entreprise. Il sert à obtenir la suite : une question, un échange de cartes, un rendez-vous, une mise en relation. Si la personne qui vous écoute retient ce que vous faites, pour qui, et sait ce que vous attendez d'elle, votre pitch a fonctionné, même s'il a laissé de côté la moitié de vos services.
C'est pour cela qu'il faut décider de la demande avant d'écrire la première phrase. Un pitch prononcé devant un banquier, devant vingt entrepreneurs dans une soirée ou devant un client potentiel n'a pas la même fin, et c'est la fin qui commande tout le reste.
| Format | Quand l'utiliser, et ce qu'il doit contenir |
|---|---|
| Trente secondes environ 70 à 80 mots | Un tour de table, une rencontre imprévue, la question « et vous, vous faites quoi ? ». Qui vous aidez, ce que vous leur apportez, et une phrase qui donne envie de poser une question. Pas de chiffres, pas de liste. |
| Une minute environ 140 à 160 mots | Une présentation devant un groupe, comme La Scène des entrepreneurs de Réseau Actif, ou le début d'un rendez-vous. Les cinq temps de la méthode, avec un exemple concret et une demande précise. |
| Trois minutes environ 400 à 450 mots | Un jury, un banquier, un financeur, un partenaire. Les cinq temps, plus le marché, la façon dont l'activité gagne de l'argent, ce qui est déjà acquis et ce dont vous avez besoin. |
Les nombres de mots correspondent à un débit posé, celui d'une personne qui parle clairement devant un public. Si votre texte les dépasse, ce n'est pas qu'il faut parler plus vite : c'est qu'il faut couper.
Commencez par ce que vit la personne que vous aidez, pas par vous. « Quand un artisan reçoit son premier contrôle fiscal… », « Beaucoup de commerçants ferment le lundi parce que… ». Votre auditoire se reconnaît, ou reconnaît quelqu'un qu'il connaît, et il écoute la suite pour savoir comment cela se termine.
Une seule phrase, construite sur le même modèle : j'aide [qui] à [obtenir quel résultat] grâce à [votre façon de faire]. Elle doit pouvoir être répétée par quelqu'un qui vous a entendu une fois. Si elle contient un mot que votre voisin de table ne comprendrait pas, remplacez-le.
Un exemple vrai vaut mieux que trois adjectifs. Un client que vous avez aidé et ce qui a changé pour lui, une réalisation, un chiffre exact. « Nous sommes réactifs et sérieux » ne prouve rien ; « la semaine dernière, nous avons remplacé un chauffe-eau un samedi matin chez une fleuriste qui ouvrait à neuf heures » se retient.
Pourquoi vous, plutôt qu'un autre qui fait le même métier ? Une méthode, une spécialité, un territoire, une façon de travailler. Une seule différence, bien choisie, suffit. Si vous n'en trouvez pas, demandez à vos clients pourquoi ils vous ont choisi : leur réponse est souvent plus juste que la vôtre.
Terminez par ce que vous attendez de votre auditoire, formulé de façon précise. « Si vous connaissez un gérant de camping qui cherche un photographe pour son site, présentez-moi. » Une demande précise donne à chacun une raison de penser à vous en repartant. Après la demande, dites merci et taisez-vous : la dernière phrase est celle qu'on retient.
Devant d'autres entrepreneurs, la meilleure demande n'est pas « achetez-moi quelque chose ». C'est une mise en relation : le type de client, de partenaire ou de fournisseur que vous cherchez à rencontrer. Chaque personne dans la salle connaît des dizaines de gens que vous ne connaissez pas.
Les exemples qui suivent sont fictifs. Ils montrent la même activité présentée deux fois, d'abord comme on le fait spontanément, ensuite selon la méthode.
Avant. « Bonjour, je m'appelle Claire, je suis graphiste freelance depuis six ans, j'ai fait une école d'art à Lyon, je fais des logos, des flyers, des sites internet, des cartes de visite, de l'identité visuelle, un peu de photo aussi, et je travaille avec tout le monde. »
Après. « Quand un commerce ouvre, il a souvent un logo fait en une soirée et il le regrette deux ans plus tard. J'aide les commerces qui se lancent à avoir une image qui leur ressemble dès le premier jour, en travaillant avec eux sur place. Si vous connaissez quelqu'un qui ouvre une boutique cette année, j'aimerais beaucoup le rencontrer. »
Avant. « Mon entreprise existe depuis 2015, nous sommes trois, nous faisons la plomberie, le chauffage, la climatisation, les salles de bains, le dépannage, les contrats d'entretien et les pompes à chaleur, nous sommes certifiés et nous intervenons dans tout le secteur. »
Après. « Une panne de chauffage un vendredi soir, c'est un week-end au froid, et pour un restaurant c'est une fermeture. Nous aidons les commerçants et les familles du secteur à ne plus subir ces pannes, avec un entretien prévu à l'avance et un dépannage le jour même pour nos clients sous contrat. Le mois dernier, un restaurateur nous a appelés un samedi à onze heures : le service de midi a eu lieu. Ce qui nous distingue, c'est ce suivi : chaque client a un technicien qui connaît son installation. Je cherche à rencontrer des gestionnaires de locaux commerciaux : si vous en connaissez un, présentez-nous. »
Avant. « Nous voulons ouvrir une épicerie vrac, bio et locale, parce que nous croyons à une consommation plus responsable, et nous sommes très motivés. »
Après. « Dans notre village, il faut faire vingt minutes de voiture pour acheter des produits en vrac, et les habitants nous le disent depuis un an sur le marché, où nous tenons un stand chaque samedi. Notre projet est d'ouvrir une épicerie en vrac au centre du village, avec les producteurs que nos clients connaissent déjà. Le stand nous a donné une clientèle fidèle et un panier moyen que nous connaissons. Nous vous présentons aujourd'hui ce que coûte l'installation, ce que nous apportons nous-mêmes et le prêt que nous demandons. »
| L'erreur | Pourquoi elle coûte, et quoi faire à la place |
|---|---|
| Commencer par son parcours | L'auditoire attend de savoir en quoi vous le concernez. Gardez le parcours pour la conversation qui suivra, si on vous le demande. |
| Énumérer ses services | Une liste ne se retient pas. Choisissez le service qui vous fait le plus envie, ou celui qui vous apporte le plus de clients, et ne parlez que de lui. |
| Parler de son statut ou de son organisation | Micro-entreprise ou société, nombre de salariés, date de création : rien de cela ne fait choisir un prestataire. Sauf devant un financeur, n'en dites rien. |
| Finir sans demande | « Voilà, merci » laisse l'auditoire sans rien à faire pour vous. Terminez toujours par ce que vous attendez de lui. |
| Dépasser le temps | Dans un groupe, celui qui déborde prend le temps des suivants, et tout le monde s'en souvient. Préparez une version plus courte que le temps donné. |
| Employer le vocabulaire de son métier | Ce qui est évident pour vous ne l'est pas pour la salle. Faites relire votre texte par quelqu'un d'un autre métier. |
Un banquier, un jury de prêt d'honneur ou un investisseur écoutent les cinq temps, puis cherchent des réponses à des questions précises. Préparez-les avant, même si vous n'avez pas le temps de toutes les traiter dans le pitch : elles reviendront dans les questions.
Ayez vos chiffres en tête et un document à laisser. Un pitch devant un financeur s'appuie toujours sur un dossier écrit : le pitch donne envie de le lire, il ne le remplace pas.
Écrivez ce que vous faites en quinze mots au plus, selon le modèle du temps 2. Puis réécrivez-la deux fois en changeant le résultat promis. Gardez celle qu'une personne extérieure à votre métier comprend sans poser de question.
Dites votre pitch d'une minute à quelqu'un, puis demandez-lui de répéter en deux phrases ce que vous faites et ce que vous cherchez. Ce qu'il ne répète pas n'a pas été entendu. Recommencez avec une autre personne après avoir corrigé.
Préparez votre pitch en une minute, puis réduisez-le à trente secondes, puis à une seule phrase. Ce qui survit à chaque réduction est le cœur de votre message : vérifiez qu'il est bien au début de la version longue.
Accroche : [une situation que vit votre client, en une phrase]
Ce que je fais : J'aide [qui] à [quel résultat] grâce à [votre façon de faire].
Demande : Si vous connaissez [le type de personne que vous cherchez à rencontrer], j'aimerais beaucoup [être présenté, échanger, le rencontrer].
1. Accroche : [la situation de votre client]
2. Ce que je fais : J'aide [qui] à [quel résultat] grâce à [votre façon de faire].
3. La preuve : [un client, une réalisation ou un chiffre exact, et ce qui a changé]
4. Ce qui me distingue : [une seule différence]
5. Demande : [ce que vous attendez de l'auditoire, précisément] Merci.
1. Accroche : [la situation de vos clients]
2. Le projet en une phrase : [ce que vous faites, pour qui, avec quel résultat]
3. Le marché : [qui sont vos clients, combien, qui leur répond aujourd'hui]
4. Le modèle : [ce que vous vendez, à quel prix, ce qu'il vous en reste]
5. Ce qui est acquis : [premiers clients, commandes, local, expérience]
6. L'équipe : [qui apporte quoi]
7. Le besoin : [montant, usage précis, votre apport]
8. La demande : [ce que vous attendez à l'issue de la rencontre] Merci.
Mon pitch commence par la situation de mon client, pas par moi.
Ce que je fais tient en une phrase qu'un voisin peut répéter.
Je donne un exemple vrai ou un chiffre exact.
Je cite une seule différence, pas une liste.
Aucun mot de jargon ne reste.
Je termine par une demande précise.
Je tiens dans le temps donné, sans accélérer.
Je connais par cœur la première et la dernière phrase.
Je l'ai dit à voix haute au moins trois fois.
Une personne extérieure a pu dire ce que je fais et ce que je cherche.
Le meilleur entraînement reste un vrai public. À La Scène des entrepreneurs, organisée par Réseau Actif environ une fois tous les deux mois, chaque participant dispose d'une minute pour présenter son activité devant la salle, et une coach en prise de parole prépare bénévolement ceux qui le souhaitent. Les Matinales des pros commencent par un tour de table : trente secondes pour dire qui vous êtes et qui vous cherchez à rencontrer.
Réseau Actif, association et club d'entrepreneurs, rassemble des entrepreneuses, entrepreneurs, artisans, commerçants et dirigeants autour de liens professionnels utiles et concrets.
Agenda et inscriptions : reseauactif.fr
Avertissement. Ce guide rassemble des recommandations pratiques de présentation orale. Les exemples sont fictifs et servent à illustrer la méthode. Les nombres de mots par format sont des repères pour un débit posé, à ajuster à votre façon de parler. Version. Document établi le 10 octobre 2026 par Réseau Actif.
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