« Et vous, vous faites quoi ? » La question tombe partout : au tour de table d’une réunion, devant la machine à café d’un salon, à la sortie de l’école. Et la réponse, souvent, s’éternise. On commence par son parcours, on détaille ses services, on cite trois exemples… et l’autre a décroché au deuxième. Bonne nouvelle : une présentation qui marque tient en trente secondes, et elle se prépare.
Trente secondes, pas une de plus
Trente secondes, c’est environ soixante-dix mots. Assez pour faire comprendre ce que vous faites et donner envie d’en savoir plus ; trop peu pour tout dire, et c’est tant mieux. Le but n’est pas de vendre sur place. Le but est qu’on se souvienne de vous, et qu’on sache à qui vous recommander.
Les quatre temps d’une présentation qui marque
- Pour qui vous travaillez. Pas « tout le monde » : un public que l’on visualise. « J’aide les artisans du bâtiment… » s’imprime mieux que « je fais de la communication ».
- Le problème que vous réglez. Dit avec les mots du client, pas avec ceux de votre métier.
- Une preuve, courte. Un chiffre, un exemple, un client type. Une seule.
- Votre demande. Qui cherchez-vous à rencontrer ? C’est la phrase que la plupart des gens oublient, et c’est souvent celle qui déclenche une mise en relation.
Avant, après : un exemple
Prenons une paysagiste imaginaire, que nous appellerons Claire.
Avant : « Bonjour, je m’appelle Claire, j’ai créé mon entreprise il y a deux ans après quinze ans dans une grande enseigne. Je fais de la création de jardins, de l’entretien, de l’élagage, des clôtures, de l’arrosage automatique, et je travaille pour les particuliers comme pour les entreprises. »
Après : « J’aide les propriétaires de résidences secondaires à retrouver un jardin impeccable à chaque arrivée, sans y penser entre deux séjours. Une vingtaine de maisons me confient déjà leurs clés. Je cherche à rencontrer des agences de location saisonnière et des conciergeries. »
La seconde version dit moins de choses, et c’est justement pour ça qu’on la retient. Et la dernière phrase donne à chacun dans la salle une raison de penser à Claire.
Les trois erreurs qui gâchent un pitch
- Réciter. Un texte appris par cœur s’entend tout de suite. Retenez les quatre temps, pas les mots ; la voix suivra.
- Tout dire. La liste complète de vos services rassure celui qui parle, rarement celui qui écoute. Gardez-la pour le rendez-vous qui suivra.
- Finir sans demande. Un pitch qui s’arrête sur « voilà » laisse l’auditoire sans rien à faire. Terminez toujours sur le type de personne que vous cherchez.
S’entraîner pour de vrai
On progresse en parlant devant des gens, pas devant son miroir. C’est l’idée de La Scène des entrepreneurs, organisée par Réseau Actif environ une fois tous les deux mois : chaque participant dispose d’une minute pour présenter son activité devant la salle, et une coach en prise de parole prépare bénévolement ceux qui le souhaitent. Aux Matinales des pros, le tour de table commence par trente secondes pour dire qui vous êtes et qui vous cherchez à rencontrer. Le trac est garanti la première fois ; il diminue étonnamment vite.
Pour préparer votre version d’une minute ou de trois minutes, celle du banquier ou du jury, notre guide « Pitcher son entreprise : la méthode et les trames » propose la méthode complète, des exemples réécrits et des trames à remplir en Word. Et pour l’essayer devant un vrai public, venez à une prochaine rencontre.