Lettre d'augmentation de tarif : modèle et phrases

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Lettre d'augmentation de tarif en Word, phrases pour annoncer ses prix, répondre à « c'est cher » et refuser une remise, préavis et règles à respecter.

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En bref

Vos prix sont libres, sauf quand la loi en dispose autrement (article L. 410-2 du code de commerce), mais le client doit les connaître avant de s'engager : pour un particulier, par affichage ou tout autre procédé approprié (article L. 112-1 du code de la consommation) ; pour un professionnel, vos conditions générales de vente, que vous devez communiquer à qui les demande si vous en avez établi (article L. 441-1 du code de commerce). Avant de parler prix, connaissez votre prix plancher : en dessous, vous ne couvrez plus vos charges et le revenu dont vous avez besoin. Annoncez votre prix simplement, sans vous excuser, puis laissez le client réagir. S'il trouve que c'est cher, demandez-lui à qu

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La réponse courte

Vos prix sont libres, sauf quand la loi en dispose autrement (article L. 410-2 du code de commerce), mais le client doit les connaître avant de s'engager : pour un particulier, par affichage ou tout autre procédé approprié (article L. 112-1 du code de la consommation) ; pour un professionnel, vos conditions générales de vente, que vous devez communiquer à qui les demande si vous en avez établi (article L. 441-1 du code de commerce). Avant de parler prix, connaissez votre prix plancher : en dessous, vous ne couvrez plus vos charges et le revenu dont vous avez besoin. Annoncez votre prix simplement, sans vous excuser, puis laissez le client réagir. S'il trouve que c'est cher, demandez-lui à quoi il compare, et réduisez le contenu plutôt que le prix : une remise sans contrepartie fait douter du premier prix. Pour augmenter vos tarifs, prévenez par écrit avant la date d'effet : le nouveau prix vaut pour les nouvelles commandes ; un devis signé ou un contrat en cours garde son prix, sauf clause de révision valable ou accord du client (articles 1103 et 1193 du code civil). Avec un client professionnel de longue date, une hausse forte et soudaine peut aussi poser la question d'une rupture brutale de la relation (article L. 442-1 du code de commerce) : laissez un vrai délai. Enfin, ne fixez jamais vos prix en accord avec vos concurrents : c'est une entente prohibée (article L. 420-1 du code de commerce).

1. Pourquoi tant d'indépendants sous-facturent

Le prix trop bas a rarement une seule cause. On le retrouve souvent derrière les mêmes réflexes :

  • On compare à un salaire. Un tarif horaire qui paraît élevé doit pourtant payer les cotisations, le matériel, les déplacements, les assurances, les congés, et toutes les heures non facturées : devis, comptabilité, prospection, formation.
  • On a peur de perdre le client. Surtout au début, chaque client semble irremplaçable. Le prix bas devient une façon de s'excuser d'être nouveau.
  • On ne connaît pas son prix plancher. Sans chiffre de référence, on négocie au ressenti, et le ressenti cède vite.
  • On fait des gestes qui deviennent la règle. Une heure offerte, un déplacement non compté, une remise « pour cette fois » : le client s'en souvient comme du prix normal.
  • On parle de son travail comme d'un coût et non comme d'un résultat pour le client.
  • On n'a jamais revu ses prix. Le tarif fixé au lancement reste en place des années, pendant que les charges, elles, augmentent.

Et l'écart entre femmes et hommes ? Les chiffres de l'Insee montrent un écart de revenus réel. En 2022, hors agriculture, les femmes non salariées ont gagné en moyenne 1 980 euros par mois de leur activité non salariée, soit 27 % de moins que les hommes (2 720 euros). Selon l'Insee, une partie de cet écart vient de la surreprésentation des femmes dans la micro-entreprise, où les revenus sont très faibles : l'écart tombe à 20 % chez les seuls non-salariés classiques et à 17 % chez les seuls micro-entrepreneurs. Il varie aussi beaucoup selon le secteur. Dans la santé, où il atteint 46 %, l'Insee indique que le métier exercé, le temps de travail, l'ancienneté et la localisation l'expliquent en partie. Ce sont des revenus, pas des tarifs : aucune des sources que nous avons lues ne mesure la part qui viendrait des prix pratiqués, et nous ne l'affirmerons donc pas. Le baromètre 2026 de Bpifrance Création relève par ailleurs que les cheffes d'entreprise et les porteuses de projet sont en général moins accompagnées et/ou financées. Ce qui suit vaut pour tout le monde : un prix se prépare, s'annonce et se défend avec les mêmes outils.

2. Du coût au prix : trois repères avant de parler

1Le plancherCe que vous coûte une heure ou une journée de travail, revenu compris.
2Le marchéCe que pratiquent les autres, et ce que les clients jugent acceptable.
3Votre prixVotre place entre les deux, et ce qui la justifie.

Le plancher se calcule, hors taxes : charges, cotisations, revenu dont vous avez besoin, divisés par les heures que vous pouvez vraiment facturer. La fiche « Mon prix plancher » du modèle (partie 7) vous guide. Pour le détail du calcul, voir nos guides Taux de marge, taux de marque et prix de revient et Seuil de rentabilité : calculateur et méthode.

Le marché s'observe. Bpifrance Création conseille de combiner quatre approches : la demande, la concurrence, les coûts et votre positionnement. Pour sonder la demande, elle propose de poser deux questions à des clients potentiels : au-dessous de quel prix le produit ou le service ne serait-il pas perçu comme de bonne qualité, et au-dessus de quel prix serait-il trop cher ? Les réponses donnent une fourchette, pas un prix exact.

Votre prix se justifie. Si vous êtes plus cher que d'autres, Bpifrance Création parle d'un « plus concurrentiel » : un service, un avantage perceptible par le client, qui justifie la différence. Délai, garantie, conseil, disponibilité, spécialité : sachez dire le vôtre en une phrase. Elle note aussi que communiquer sur un prix de lancement permet de tester le marché, et qu'il sera plus facile de l'augmenter ensuite. Dites-le donc clairement au client : « prix de lancement, jusqu'au … ».

3. Annoncer son prix, à l'oral et par écrit

À l'oral

  • Rappelez d'abord le besoin, puis ce que vous proposez, et seulement ensuite le prix. Le client entend un prix pour un résultat, pas un chiffre isolé.
  • Dites le chiffre en entier, d'une voix normale : « C'est 1 200 euros hors taxes. » Pas de « environ », pas de « ça ferait », pas de « je sais que c'est un peu cher ». À un particulier, annoncez le prix toutes taxes comprises, celui qu'il paiera vraiment ; si vous ne facturez pas la TVA, dites simplement le prix.
  • Laissez un silence. Il appartient au client. Le combler par une justification ou une remise spontanée, c'est négocier contre soi-même. Quelques secondes suffisent : regardez-le, attendez sa question.
  • Ne donnez pas de prix au hasard. Si vous ne savez pas, dites quand vous enverrez un devis, plutôt qu'un chiffre que vous regretterez.

Par écrit

Le devis ou la proposition dit ce qui est inclus, ce qui ne l'est pas, le prix hors taxes et toutes taxes comprises, la durée de validité et les conditions de paiement. Un prix écrit se discute moins qu'un prix dit, et il protège les deux parties. Voir notre guide Modèle de devis : le document qui fait signer.

Exemple fictif

Claire, graphiste, avait l'habitude de répondre « je peux vous faire ça pour 500 euros, si ça vous va ». Elle dit maintenant : « Pour votre logo, je vous propose trois pistes, deux allers-retours de corrections et les fichiers pour l'imprimeur et le web. C'est 650 euros, livré en trois semaines. » Puis elle attend. Le client pose des questions sur le contenu, pas sur le prix.

4. Répondre à « c'est cher » et aux demandes de remise

« C'est cher » n'est pas un refus. C'est souvent une question : cher par rapport à quoi ? Au budget prévu, à un autre devis, à une idée vague du prix ? Demandez-le, avec calme. La réponse vous dira quoi faire.

  • Si le client compare à un autre devis, vérifiez que les deux contiennent la même chose. Les écarts tiennent souvent au contenu : délais, garanties, déplacements, nombre de corrections.
  • Si le budget est vraiment plus bas, proposez de réduire le contenu, pas le prix : une étape en moins, une version plus simple, un étalement dans le temps.
  • Si le client demande une remise, ne dites pas oui tout de suite. Une remise peut s'échanger contre une contrepartie : paiement comptant, engagement sur plusieurs commandes, acompte plus élevé, souplesse sur les délais.
  • Si rien ne convient, laissez partir le client poliment, en gardant la porte ouverte. Un client qui ne veut payer qu'en dessous de votre prix plancher vous coûte plus qu'il ne vous rapporte.
  • Si c'est un proche (ami, voisin, famille), décidez à l'avance ce que vous accordez, et dites-le une fois : « Pour toi, je fais tel geste, et le reste est au tarif normal. » Un geste choisi vaut mieux qu'une gêne qui dure.

Pour les autres objections (« je vais réfléchir », « je dois en parler »), voir notre guide Argumentaire de vente et prospection, pas à pas.

Les promotions affichées ont leurs règles

Une remise négociée avec un client n'est pas une promotion. Mais si vous annoncez au public une réduction de prix, l'annonce doit indiquer le prix antérieur, c'est-à-dire le prix le plus bas pratiqué envers tous les consommateurs dans les trente jours précédant la réduction (article L. 112-1-1 du code de la consommation). Service Public Entreprendre rappelle qu'une offre promotionnelle systématiquement renouvelée jusqu'à devenir permanente serait une pratique commerciale trompeuse.

5. Augmenter ses tarifs

Quand ? Quand vos coûts ont augmenté, quand votre carnet de commandes est plein, quand votre prix de lancement a fait son travail, ou simplement chaque année à date fixe, ce qui évite d'en faire un événement.

Ce qui change, et ce qui ne change pas. Le contrat légalement formé tient lieu de loi à ceux qui l'ont conclu (article 1103 du code civil) et ne se modifie que de leur consentement mutuel, ou pour les causes que la loi autorise (article 1193). Concrètement :

  • pour un devis signé ou un contrat en cours, le prix convenu reste dû, sauf si une clause de révision ou d'indexation valable était prévue, ou si le client accepte le changement ;
  • un devis envoyé mais pas encore signé est une offre : vous ne pouvez pas la retirer avant la fin de la durée de validité que vous avez indiquée, ou à défaut d'un délai raisonnable (article 1116 du code civil). D'où l'intérêt d'une durée de validité courte et écrite ;
  • pour les nouvelles commandes, le nouveau tarif s'applique, à condition que le client le connaisse avant de s'engager (pour un particulier, article L. 112-1 du code de la consommation ; pour un professionnel, vos conditions générales de vente, article L. 441-1 du code de commerce) ;
  • dans un contrat-cadre entre professionnels (des commandes successives sur la base d'un accord général), il peut être convenu que le prix sera fixé par l'une des parties, à charge pour elle de le motiver en cas de contestation ; en cas d'abus, le juge peut accorder des dommages et intérêts, voire résoudre le contrat (article 1164 du code civil) ;
  • si un changement imprévisible rend un contrat en cours excessivement onéreux, l'article 1195 du code civil permet de demander une renégociation, en continuant à exécuter le contrat pendant ce temps. C'est un recours exceptionnel, pas un outil de hausse de prix ordinaire.

Prévenir. Aucun texte général lu ne fixe de délai pour annoncer une hausse à un client qui commande au coup par coup. Un à deux mois de prévenance, par écrit, est une pratique courtoise : le client peut s'organiser, et la hausse ne ressemble pas à une surprise. Pour les contrats de plus longue durée, prévoyez dès la signature une clause de révision qui dise quand et comment le prix peut évoluer. Si elle suit un indice, choisissez-en un en relation directe avec votre activité ou l'objet du contrat : une indexation sur le Smic ou sur le niveau général des prix est interdite (articles L. 112-1 et L. 112-2 du code monétaire et financier).

Deux situations où la prudence s'impose

Un client professionnel de longue date. Engage sa responsabilité celui qui rompt brutalement, même partiellement, une relation commerciale établie, sans préavis écrit tenant compte notamment de la durée de la relation (article L. 442-1, II, du code de commerce). Le texte ne parle pas expressément de hausse de prix ; mais une hausse forte, imposée du jour au lendemain à un client régulier depuis des années, pourrait être discutée sur ce terrain. Prévenez par écrit, avec un délai d'autant plus long que la relation est ancienne, et gardez une trace de l'envoi. En cas de doute, faites-vous conseiller.

Un abonnement ou un contrat suivi avec un particulier. Une clause qui réserve au professionnel le droit de modifier seul le prix est interdite dans un contrat avec un consommateur (article R. 212-1, 3°, du code de la consommation). Exception : dans un contrat à durée indéterminée, la clause peut prévoir une modification du prix si le consommateur en est averti dans un délai raisonnable pour pouvoir, s'il le souhaite, résilier le contrat (article R. 212-4). Sans une telle clause, il faut son accord.

L'annoncer. Un courrier ou un courriel court : la date d'effet, le nouveau tarif, une raison en une phrase si vous le souhaitez, et un remerciement. Pas besoin de vous justifier sur une page. Pour un client régulier, un mot de vive voix avant le courrier évite qu'il le découvre seul. Le modèle de courrier et les phrases sont dans la partie 7.

Exemple fictif

Karim, plombier, n'avait pas touché à son taux horaire depuis quatre ans. En novembre, il prévient ses clients réguliers : « Au 1er janvier, mon taux horaire passe de 52 à 56 euros TTC. Les devis que vous avez déjà signés ne changent pas. » Il l'écrit aussi dans ses devis et sur son site. Deux clients posent la question ; il leur répond avec la même phrase, sans se justifier davantage.

6. Ce que dit la loi sur vos prix

RègleCe qu'elle impose
Prix libresSauf dans les cas où la loi en dispose autrement, les prix des biens, produits et services sont librement déterminés par le jeu de la concurrence ; un décret peut les réglementer dans certains secteurs ou en cas de crise (article L. 410-2 du code de commerce).
Informer le particulierTout vendeur ou prestataire informe le consommateur sur les prix par marquage, étiquetage, affichage ou tout autre procédé approprié (article L. 112-1 du code de la consommation). Le prix fait partie des informations à donner avant que le consommateur soit lié (article L. 111-1). Service Public Entreprendre précise : prix en euros TTC, connu avant la vente sans avoir à le demander, quel que soit le mode de vente, y compris sur internet ou à domicile.
Prestations de servicesLa liste des prestations et leur prix sont indiqués de manière lisible dans le lieu d'accueil de la clientèle, ou dans un document unique s'il y en a trop ; les prestations proposées au public font l'objet d'un affichage lisible de l'extérieur. Un devis payant doit être annoncé avant d'être réalisé. En cas de doute sur votre affichage, vous pouvez demander une prise de position formelle de la DGCCRF, le « rescrit consommation » (Service Public Entreprendre).
Prix incalculable à l'avanceLe professionnel fournit le mode de calcul du prix et les frais supplémentaires, ou mentionne qu'ils peuvent être exigibles (article L. 112-3 du code de la consommation).
SanctionAmende administrative jusqu'à 3 000 euros pour une personne physique et 15 000 euros pour une personne morale (article L. 131-5 du code de la consommation).
Devis obligatoireDans certains métiers seulement, fixés par arrêtés : dépannage, réparation et entretien dans le bâtiment et l'équipement de la maison (plomberie, électricité, serrurerie, peinture, couverture…, arrêté du 24 janvier 2017) ; déménagement (arrêté du 27 avril 2010) ; location de véhicules de moins de 3,5 tonnes sans chauffeur (arrêté du 17 mars 2015) ; services à la personne dès 100 euros TTC par mois, en dessous sur demande (arrêté du 17 mars 2015) ; prestations funéraires ; produits et services liés à la perte d'autonomie, notamment dès 500 euros TTC ou sur mesure ; optique, appareillage auditif ; chirurgie esthétique dès 300 euros ou en cas d'anesthésie générale. Sans devis, amende administrative jusqu'à 3 000 euros pour une personne physique et 15 000 euros pour une société (Service Public Entreprendre, fiche « Devis obligatoire » et textes qu'elle cite). Dans les autres métiers, le devis n'est pas imposé, mais il reste la meilleure preuve du prix convenu.
Entre professionnelsVos conditions générales de vente comprennent notamment les conditions de règlement et les éléments de détermination du prix (barème des prix unitaires, réductions éventuelles). Si vous en avez établi, vous devez les communiquer, sur un support durable, à tout acheteur professionnel qui les demande ; elles peuvent varier selon les catégories d'acheteurs. Si le prix d'un service ne peut pas être fixé à l'avance, vous communiquez sur demande la méthode de calcul ou un devis suffisamment détaillé (article L. 441-1 du code de commerce ; amende jusqu'à 15 000 euros pour une personne physique et 75 000 euros pour une personne morale si les CGV ne sont pas communiquées).
Prix non convenuDans un contrat de prestation de service, à défaut d'accord sur le prix avant l'exécution, le prestataire peut le fixer, à charge de motiver le montant en cas de contestation ; en cas d'abus, le juge peut accorder des dommages et intérêts (article 1165 du code civil). Mieux vaut un prix écrit avant de commencer.
Pas d'ententeSont prohibées les actions concertées, conventions, ententes expresses ou tacites ou coalitions qui ont pour objet ou peuvent avoir pour effet de fausser le jeu de la concurrence, notamment en faisant obstacle à la fixation des prix par le libre jeu du marché (article L. 420-1 du code de commerce). Échanger des méthodes entre entrepreneurs est utile ; convenir avec des concurrents d'un tarif commun, d'un prix minimum ou d'une hausse simultanée ne l'est pas. Une grille de « prix conseillés » diffusée dans un groupement ou un réseau d'entrepreneurs peut aussi poser problème.
Pas de prix trompeurUne pratique commerciale est trompeuse si elle repose sur des indications fausses ou de nature à induire en erreur sur le prix, son mode de calcul ou son caractère promotionnel (article L. 121-2 du code de la consommation). C'est un délit, puni de deux ans d'emprisonnement et de 300 000 euros d'amende, montant qui peut être augmenté (article L. 132-2).

Pour vos conditions générales, voir notre guide Conditions générales de vente : trame et mentions.

7. Les modèles : prix plancher, phrases types, courrier de hausse

Une fiche pour connaître votre prix plancher, des phrases à adapter à votre façon de parler, et un courrier d'annonce de hausse de tarifs. Les phrases ne sont pas des formules magiques : entraînez-vous à les dire à voix haute avant le rendez-vous, jusqu'à ce qu'elles sonnent comme vous.

Fiche « Mon prix plancher »

1. Mes charges de l'année (loyer, assurances, matériel, logiciels, véhicule, téléphone, comptable, formation) : [montant] euros.

2. Le revenu dont j'ai besoin pour vivre, sur l'année : [montant] euros.

3. Mes cotisations et impôts estimés sur l'année (voir le guide « Auto-entrepreneur : impôts et cotisations » ou votre comptable) : [montant] euros.

4. Total à couvrir (1 + 2 + 3) : [montant] euros.

5. Mes heures vraiment facturables dans l'année : semaines travaillées [nombre] × heures facturées par semaine [nombre] = [nombre] heures. Ne comptez pas les heures de devis, de comptabilité, de prospection ni de déplacement non facturé.

6. Mon prix plancher (4 ÷ 5), hors taxes : [montant] euros de l'heure, soit [montant] euros la journée de [nombre] heures.

7. Le prix du marché (relevé de [nombre] concurrents) : de [montant] à [montant] euros.

8. Mon prix : [montant] euros. Ce qui le justifie, en une phrase : [mon « plus » : délai, garantie, spécialité, proximité…].

Règle personnelle : je ne descends pas sous la ligne 6. Si je fais un geste commercial, c'est contre une contrepartie, et je l'écris.

Date à laquelle je revois ces chiffres : [date, par exemple chaque année en septembre].

Exemple fictif : 6 000 euros de charges, 24 000 euros de revenu visé, 7 000 euros de cotisations et impôts estimés, soit 37 000 euros à couvrir ; 44 semaines de 23 heures facturées, soit 1 012 heures ; prix plancher arrondi : 37 euros de l'heure. En micro-entreprise, les cotisations se calculent sur le chiffre d'affaires : affinez avec le guide du seuil de rentabilité.

Annoncer son prix

« Pour [le besoin du client], je vous propose [ce qui est inclus]. C'est [montant] euros [hors taxes / TTC], réalisé en [délai]. »

« Mon tarif est de [montant] euros la journée. Pour votre projet, je compte [nombre] jours, soit [montant] euros. Je vous envoie le devis détaillé [aujourd'hui / demain]. »

« Je préfère ne pas vous donner un chiffre au hasard. Je regarde votre demande et je vous envoie un devis précis [jour]. »

Par écrit : « Vous trouverez ci-joint ma proposition pour [le projet] : [montant] euros [HT / TTC], valable jusqu'au [date]. Je vous appelle [jour] pour en parler, si cela vous convient. »

Répondre à « c'est cher »

« D'accord. Vous le comparez à quoi : à votre budget, ou à une autre proposition ? »

« Si vous avez un autre devis, regardons ensemble ce qu'il contient. Le mien comprend [délais, garantie, déplacements, corrections]. »

« Quel budget aviez-vous en tête ? Je peux vous proposer une version plus simple : [contenu réduit], pour [montant] euros. »

« Ce prix comprend [le « plus »]. C'est ce qui vous évite [le problème que le client veut éviter]. »

« Prenez le temps d'y réfléchir. Le devis est valable jusqu'au [date] ; si vous avez une question d'ici là, appelez-moi. »

Refuser une remise, ou l'échanger

« Pour la même prestation, je garde ce prix : c'est ce que demande le travail. En revanche, je peux retirer [élément], et on passe à [montant] euros. »

« Je peux vous accorder [pourcentage ou montant] si [vous réglez à la commande / vous vous engagez sur trois commandes / vous acceptez un délai plus long]. »

« Je comprends que ce soit au-dessus de votre budget. Je préfère vous le dire franchement plutôt que de mal faire le travail à un prix plus bas. Si votre projet évolue, je vous referai volontiers une proposition. »

À un proche : « Ça me fait plaisir de travailler pour toi. Je te fais [le geste choisi], et pour le reste je reste à mon tarif habituel, comme pour tout le monde. »

Annoncer une hausse de vive voix

« Je voulais vous prévenir avant de vous l'écrire : à partir du [date d'effet], mon tarif passe à [nouveau prix] euros. Ce que vous avez déjà commandé ne change pas. »

Si le client demande pourquoi : « Je n'avais pas revu mes prix depuis [durée], et mes coûts ont augmenté. Je préfère vous le dire simplement. »

Si le client hésite : « Je comprends. Si vous voulez passer commande avant le [date d'effet], c'est encore à l'ancien tarif. »

Courrier d'annonce d'une hausse de tarifs

[Nom de l'entreprise, adresse, SIRET]

[Nom du client, adresse]

[Lieu], le [date]

Objet : évolution de nos tarifs au [date d'effet]

[Madame, Monsieur / Bonjour Prénom],

Merci pour la confiance que vous nous accordez depuis [durée de la relation].

Nous vous informons qu'à compter du [date d'effet, un à deux mois après ce courrier], nos tarifs évoluent : [prestation] passe de [ancien prix] à [nouveau prix] euros [HT / TTC]. [Facultatif, une phrase : cette évolution tient compte de la hausse de nos coûts de … / de l'évolution de nos services.]

Les devis signés et les commandes passées avant cette date restent facturés à l'ancien tarif, de même que les devis déjà envoyés, jusqu'à la fin de leur durée de validité. Nos conditions générales de vente mises à jour sont jointes à ce courrier [ou : disponibles sur demande / sur notre site].

[Seulement pour un abonnement ou un contrat à durée indéterminée avec un particulier, si le contrat prévoit cette évolution : si vous ne souhaitez pas poursuivre à ce nouveau tarif, vous pouvez résilier votre contrat avant le … selon les conditions prévues à l'article … de votre contrat.]

Nous restons à votre disposition pour en parler et pour préparer vos prochaines commandes.

Avec nos remerciements, [Prénom Nom, fonction]

8. Questions fréquentes

Dois-je afficher mes prix sur mon site internet ?

Si vous vendez à des particuliers, ils doivent pouvoir connaître le prix avant de s'engager, quel que soit le mode de vente, y compris sur internet (article L. 112-1 du code de la consommation et Service Public Entreprendre). Si le prix dépend de chaque demande, indiquez au moins le mode de calcul ou proposez un devis (article L. 112-3).

Puis-je pratiquer des prix différents selon les clients ?

Entre professionnels, vos conditions générales de vente peuvent être différenciées selon les catégories d'acheteurs, et vous pouvez convenir de conditions particulières avec un client (article L. 441-1 du code de commerce). Avec les particuliers, le prix que vous annoncez doit être celui que vous appliquez, et une réduction annoncée au public suit les règles de l'article L. 112-1-1.

Ai-je le droit de faire payer un devis ?

Oui, à condition d'en informer le client avant de le réaliser (Service Public Entreprendre). Pour le dépannage, la réparation et l'entretien dans le bâtiment, le devis doit indiquer s'il est gratuit ou payant, et son coût ; pour un déménagement, une location de véhicule ou l'optique, il est gratuit.

Combien de temps à l'avance faut-il prévenir d'une hausse ?

Aucun texte général lu ne fixe de délai pour un client qui commande au coup par coup : le nouveau prix doit simplement être connu avant la commande. Un à deux mois de prévenance est un usage courtois, pas une règle. Pour un contrat en cours, le prix convenu reste dû, sauf clause de révision valable ou accord du client (articles 1103 et 1193 du code civil). Deux cas demandent plus de soin : un client professionnel de longue date, pour qui une hausse brutale pourrait être discutée comme une rupture partielle de la relation commerciale établie (article L. 442-1, II, du code de commerce) ; et un abonnement à durée indéterminée avec un particulier, où le contrat doit prévoir un avertissement dans un délai raisonnable et la possibilité de résilier (article R. 212-4 du code de la consommation).

Peut-on se mettre d'accord entre confrères sur un tarif minimum ?

Non. Une entente entre entreprises, même tacite, qui fait obstacle à la fixation des prix par le libre jeu du marché est prohibée (article L. 420-1 du code de commerce). Parler de méthode de calcul, de posture ou de façon d'annoncer un prix est permis ; fixer ensemble un prix, un minimum ou une date de hausse ne l'est pas. Gardez aussi pour vous vos futurs tarifs quand vous parlez avec des concurrents.

Un prix se défend mieux quand on n'est pas seul

Beaucoup d'entrepreneurs n'osent pas parler de leurs prix, même à leurs proches. En parler avec d'autres, qui vivent les mêmes rendez-vous et les mêmes « c'est cher », aide à prendre du recul et à trouver ses mots. Les chambres consulaires (CCI, CMA), les réseaux d'accompagnement à la création, les pépinières et les réseaux d'entrepreneurs proposent ce type d'échanges. Votre expert-comptable peut vous aider à établir votre prix de revient.

Réseau Actif, association loi 1901 à but non lucratif du Pays de Fayence, réunit des entrepreneurs de tous les secteurs pour s'entraider : rompre l'isolement, partager son expérience, apprendre des autres. Ses guides sont gratuits et ouverts à tous, adhérents ou non.

Pour nous rencontrer : reseauactif.fr

Sources. Code de la consommation, articles L. 111-1, L. 112-1, L. 112-1-1, L. 112-3, L. 121-1, L. 121-2, L. 131-5, L. 132-2, R. 212-1 et R. 212-4, version à jour du 10 octobre 2026 (codes.droit.org) ; code de commerce, articles L. 410-2, L. 420-1, L. 441-1 et L. 442-1 (dans sa rédaction issue de la loi n° 2026-796 du 18 août 2026), version à jour du 1er octobre 2026 (codes.droit.org) ; code civil, articles 1103, 1116, 1164, 1165, 1193 et 1195, version à jour du 29 juillet 2026 (codes.droit.org) ; code monétaire et financier, articles L. 112-1 et L. 112-2, version à jour du 1er septembre 2026 (codes.droit.org) ; consultés le 16 octobre 2026 · Service Public Entreprendre (DILA) : « Affichage des prix : règles à respecter », vérifiée le 2 juillet 2024 ; « Devis obligatoire : activités concernées », vérifiée le 9 septembre 2022, et les arrêtés qu'elle cite (notamment arrêté du 24 janvier 2017 pour le bâtiment, arrêtés du 17 mars 2015 pour la location de véhicules et les services à la personne, arrêté du 27 avril 2010 pour le déménagement) ; lues le 16 octobre 2026 · Insee, « Emploi et revenus selon le sexe », fiche 1.6, Emploi et revenus des indépendants, Insee Références, édition 2025 (données 2022), lue le 16 octobre 2026 · Bpifrance Création : « Comment fixer ses prix dans un projet de création d'entreprise ? », publiée en juin 2022 ; « Comment fixer mes prix ? » ; « Entrepreneuriat des femmes en France, baromètre 2026 » ; lus le 16 octobre 2026. Avertissement. Ce guide ne constitue pas un conseil juridique, comptable ou commercial personnalisé. Certains métiers ont des règles de prix ou de devis particulières, à vérifier pour le vôtre. Réseau Actif n'est pas un service de l'administration et ne fournit aucun document officiel. Version. Document établi le 16 octobre 2026 par Réseau Actif.


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