Déchetterie professionnelle : tri, accès et justificatifs

Publié le · par Réseau Actif · sources officielles citées

Déchets de l'entreprise : responsabilité du producteur, tri 6/8 ou 9 flux (ex-5 et 7 flux), biodéchets et huiles, déchets dangereux et Trackdéchets, registre, devis et bordereau de dépôt des artisans, accès et tarifs des déchetteries pour les professionnels, brûlage et sanctions.

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En bref

Toute entreprise reste responsable de ses déchets jusqu'à leur traitement final, même confiés à un tiers, et doit les remettre à une personne autorisée (code de l'environnement, L. 541-2). Elle trie à la source papier et carton, métal, plastique, verre, bois et textiles, plus gravats et plâtre sur les chantiers (D. 543-281) : 6 ou 8 flux selon le ministère, « 9 flux » en comptant les biodéchets. Depuis le 1er janvier 2024, tous les professionnels trient leurs biodéchets ; les huiles de friture se trient à part au-delà de 60 litres par an. Le collecteur remet chaque année, avant le 31 mars, une attestation de tri. Les déchets dangereux remis à un tiers voyagent avec un bordereau électronique

Le document en ligne

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La réponse courte

Vos déchets professionnels restent sous votre responsabilité jusqu'à leur valorisation ou leur élimination finale, même confiés à un tiers. Vous devez les remettre à une personne autorisée (code de l'environnement, article L. 541-2).

Toute entreprise trie à la source le papier, le métal, le plastique, le verre, le bois et les textiles, plus les gravats et le plâtre sur les chantiers (D. 543-281). Depuis le 1er janvier 2024, elle trie aussi ses biodéchets, quelle que soit la quantité. Les déchets dangereux voyagent avec un bordereau électronique sur Trackdéchets (R. 541-45). Et un registre chronologique des déchets se conserve au moins trois ans (R. 541-43).

Les déchetteries publiques acceptent souvent les professionnels, mais avec un badge, un tarif et des refus. Au Pays de Fayence, par exemple, comptez 200 € la tonne hors déchets verts, et pas de gravats.

1. Vos déchets restent les vôtres jusqu'au bout

Le code de l'environnement appelle « producteur » toute personne dont l'activité produit des déchets (L. 541-1-1). C'est vous, dès la première chute de bois. Et votre responsabilité ne s'arrête pas quand la benne part : elle court jusqu'au traitement final (L. 541-2).

Concrètement, avant de confier vos déchets, vérifiez que celui qui les prend est autorisé à le faire : déchetterie, collecteur déclaré, installation de traitement. Les remettre à une personne non autorisée est une contravention de 4e classe (R. 541-78, 8°).

Ce que peu de gens savent

Depuis juin 2026, si vos déchets finissent mélangés à un dépôt sauvage, par exemple après les avoir confiés à un « débarrasseur » sans autorisation, vous restez responsable de votre part. L'autorité l'évalue en proportion de votre manquement (article R. 541-12-0-1, créé par le décret du 2 juin 2026).

Seule exception : les déchets remis au service public en respectant son règlement de collecte et ses consignes de tri.

Transporter ses déchets soi-même. Sans déclaration en préfecture, on peut transporter jusqu'à 0,1 tonne de déchets dangereux et 0,5 tonne de déchets non dangereux par chargement. Les gravats, briques, tuiles et pierres propres et triés ne comptent pas (article R. 541-50).

Pour vos propres déchets, Service Public Entreprendre (fiche F37825) dit que le transport est libre au-delà de ces seuils. Le texte du code est plus étroit : il vise les producteurs relevant des installations classées. Vous dépassez régulièrement 0,5 tonne par voyage ? Faites-vous confirmer votre situation par la préfecture ou votre chambre consulaire.

2. Le tri à la source : on disait « 5 flux », c'est aujourd'hui 9

Selon le document que vous lisez, on vous parle de 5, 6, 7, 8 ou 9 flux. Pas de panique : c'est la même règle qui a grossi, et chacun compte à sa façon.

  • 5 flux (2016) : papier et carton, métal, plastique, verre, bois.
  • 7 flux (2021) : les mêmes, plus les gravats et le plâtre des chantiers.
  • 6 ou 8 flux (depuis le 1er janvier 2025) : les textiles s'ajoutent. 6 flux pour tout le monde, 8 sur un chantier. C'est le compte du ministère.
  • 9 flux : l'expression courante, employée aussi par Service Public Entreprendre. On la comprend le plus souvent comme les 8 flux, plus les biodéchets que tout le monde trie depuis 2024.

Le plus simple : retenez la liste du tableau, pas le chiffre.

Flux à trierQui est concerné
Papier et carton, métal, plastique, verre, bois, textilesToute entreprise qui en produit ou en détient (D. 543-278 et D. 543-281)
Fractions minérales (béton, briques, tuiles, céramiques, pierres) et plâtreLes déchets de construction et de démolition (D. 543-279)
BiodéchetsTous les professionnels depuis le 1er janvier 2024 (partie 3)

« Trier à la source » veut dire au moment où le déchet est jeté : un contenant par catégorie, accessible au personnel, y compris pour ses gobelets et emballages du midi (L. 541-21-2-1). Certains flux peuvent rester en mélange si leur valorisation reste aussi efficace qu'en collecte séparée (D. 543-281). Votre collecteur vous dira ce qu'il accepte.

Les exemptions, et leur limite

  • Petit producteur collecté par la commune. Si vous passez par le service public et jetez au plus 1 100 litres par semaine, tous déchets confondus, les règles détaillées du tri 9 flux ne s'appliquent pas (D. 543-280). Vous triez quand même, selon les consignes de votre collectivité (FAQ du ministère).
  • Papiers de bureau. Leur tri séparé s'impose sur chaque site de plus de 20 personnes (D. 543-286).
  • Petits chantiers. Pas d'obligation de tri des déchets de chantier si l'on ne peut pas réserver 40 m² au stockage, ou si le chantier produit moins de 10 m³ de déchets au total (D. 543-280). Gardez de quoi le montrer en cas de contrôle.

La preuve : l'attestation annuelle

Le collecteur ou l'installation qui reprend vos déchets triés vous remet, avant le 31 mars, une attestation des tonnes et de leur destination pour l'année écoulée (D. 543-284). Elle peut arriver par voie électronique. C'est votre justificatif de tri : classez-la avec le registre.

En déchetterie publique, cette attestation n'est pas automatique. Le ministère rappelle que c'est à l'entreprise de s'assurer que ce circuit respecte ses obligations de tri (FAQ tri 6/8 flux). Demandez-la, et gardez à défaut vos factures et bordereaux de dépôt.

Vos déchets non dangereux, hors collecte publique, finissent en partie en installation de stockage ou d'incinération ? L'exploitant vous demandera chaque année une attestation sur l'honneur listant vos obligations de tri et ce que vous avez mis en place (R. 541-48-4).

3. Les biodéchets : tout le monde trie depuis 2024

Les biodéchets, ce sont les restes alimentaires et de cuisine, ainsi que les déchets verts de jardin ou de parc. Longtemps, seuls les gros producteurs devaient les trier : plus de 10 tonnes par an depuis 2016, plus de 5 tonnes en 2023.

La loi a ensuite étendu l'obligation à tous les producteurs, au plus tard le 31 décembre 2023 (L. 541-21-1). Le ministère de la Transition écologique le résume : depuis le 1er janvier 2024, tous les professionnels trient leurs biodéchets, sans seuil minimum. Une fiche officielle cite encore un seuil de 20 tonnes par an : il est dépassé.

Trois voies : valoriser vous-même (compostage), confier vos biodéchets à une installation de valorisation, ou à un collecteur (D. 543-226-1). Ils se trient sans emballage, sauf emballages compostables autorisés (R. 543-226). L'installation ou le collecteur vous délivre, lui aussi, une attestation annuelle avant le 31 mars (D. 543-226-2).

Les huiles de friture usagées se trient à part dès que vous en produisez plus de 60 litres par an, seuil en vigueur depuis le 1er janvier 2016 (R. 543-226 et arrêté du 12 juillet 2011). En dessous, elles suivent les biodéchets (fiche F37782). Le chiffre de 150 litres, encore lu sur une autre fiche officielle, est celui de 2015.

Exemple fictif : Ève, restauratrice à Fayence

Ève sert quarante couverts par jour. Ses épluchures et restes d'assiettes partent dans un bac dédié, collecté chaque semaine par un prestataire. Avec deux friteuses, elle dépasse vite 60 litres d'huile par an : un collecteur spécialisé vient vider ses fûts. Cartons et verre ont leurs propres contenants. En mars, elle reçoit ses attestations annuelles, qu'elle range avec son registre. En cas de contrôle, tout est dans le même classeur.

4. Déchets dangereux : un bordereau électronique sur Trackdéchets

Un déchet est dangereux s'il présente une propriété de danger : inflammable, corrosif, toxique, écotoxique… Dans la liste européenne, son code à six chiffres porte un astérisque (R. 541-8). Un déchet ordinaire qui en contient un devient dangereux : le jerrican d'essence, par exemple (Service Public Entreprendre).

Quand vous remettez un déchet dangereux à un tiers, vous émettez un bordereau de suivi des déchets (BSD) électronique, sur le service en ligne de l'État, Trackdéchets (R. 541-45). Amiante, fluides frigorigènes et déchets de soins à risque infectieux y passent aussi. Si vous n'avez pas de retour de prise en charge un mois après la date prévue, vous devez prévenir les autorités (même article).

Pas de bordereau à émettre, en revanche, dans trois cas (R. 541-45) :

  • vous êtes admis à déposer vos déchets dangereux en déchetterie ;
  • vous les remettez à un collecteur de « tournée dédiée », qui passe chez plusieurs entreprises pour un même type de déchet : c'est lui qui complète le bordereau ;
  • vous les rendez à l'éco-organisme de la filière, ou au système de reprise du fabricant : c'est lui qui émet le bordereau.

Vous les notez alors dans votre registre. Jamais de mélange : un déchet dangereux ne se mélange ni à un autre, ni à des déchets ordinaires (F37830).

Attention, beaucoup de déchetteries publiques refusent les déchets dangereux des professionnels. C'est le cas au Pays de Fayence (partie 7). Pour vos pots de peinture ou solvants, prévoyez donc un collecteur, ou un distributeur qui les reprend.

5. Le registre des déchets : trois ans de mémoire

Toute entreprise qui produit ou expédie des déchets tient un registre chronologique, conservé au moins trois ans (R. 541-43). Pour les déchets qui sortent, l'arrêté du 31 mai 2021 fixe le minimum : date d'expédition, nom usuel et code du déchet, quantité en tonnes ou en m³, transporteur, destination et traitement prévu.

Les déchets déclarés sur Trackdéchets n'ont pas à être recopiés : la plateforme vaut registre pour eux (R. 541-43, III). Pour le reste, un tableau suffit. Celui de la partie 10 reprend les colonnes de l'arrêté.

Un point pour qui produit des déchets dangereux : les données du registre doivent aussi être transmises en ligne au registre national des déchets, dans le mois qui suit l'expédition (R. 541-43, II). Ce délai est passé de sept jours à un mois en juin 2026. Un bordereau émis sur Trackdéchets vaut transmission.

Le registre est le seul classeur de l'entreprise que personne ne demande à lire. Jusqu'au jour du contrôle. Ne pas le tenir ou refuser de le montrer est une contravention de 4e classe (R. 541-78, 1° et 2°).

6. Artisans du bâtiment : devis, bordereau et reprise des matériaux

Le devis. Pour des travaux de construction, de rénovation, de démolition ou de jardinage, il indique comment les déchets seront enlevés et gérés, leur coût, et l'installation prévue pour les recevoir (L. 541-21-2-3). Voir notre Modèle de devis. Les chantiers soumis au diagnostic « produits, équipements, matériaux et déchets » du code de la construction (L. 111-10-4) en sont dispensés.

Le détail qui change tout

Quand vous déposez les déchets d'un chantier, l'installation de collecte doit vous remettre gratuitement un bordereau de dépôt : origine, nature et quantité des déchets (article L. 541-21-2-3, II, du code de l'environnement). Demandez-le à chaque passage, même si le gardien ne le propose pas.

C'est votre preuve de traçabilité. La loi vous demande de conserver ces bordereaux et de les remettre à votre client, ou à l'autorité, s'ils les réclament. Et l'oubli des mentions « déchets » sur le devis expose à une amende administrative de 3 000 € au plus pour un entrepreneur individuel, 15 000 € pour une société (même article, III).

Mélanger dans la camionnette, trier à l'arrivée. Vous apportez vous-même vos déchets à une déchetterie ? Le tri peut se faire au moment du dépôt, benne par benne. Le ministère donne cet exemple pour l'artisan, avec l'attestation annuelle délivrée par la déchetterie privée (FAQ tri 6/8 flux).

La reprise des matériaux de construction. Une filière à responsabilité élargie du producteur (REP) couvre les produits et matériaux du bâtiment, dite PMCB. Ses éco-organismes paient la reprise sans frais des déchets triés et organisent un maillage de points de reprise (L. 541-10-23, R. 543-290-6). Négoces, déchetteries publiques ou plateformes privées peuvent en faire partie.

Les distributeurs de matériaux doivent reprendre sans frais, et sans obligation d'achat, les déchets des produits qu'ils vendent, au-delà d'une certaine surface de vente. Le code fixe ce seuil à plus de 4 000 m², stockage attenant ou tout proche compris (R. 541-160, g, en vigueur). Le négoce peut aussi vous orienter vers une installation partenaire, située à 5 km au plus du magasin (F37982).

Cette même fiche F37982 de Service Public Entreprendre, vérifiée en août 2025, indique encore 1 000 m² : c'est le code qui fait foi. Un négoce de taille moyenne peut donc ne pas y être tenu. Demandez au vôtre s'il reprend quand même, et à quelles conditions.

Exemple fictif : Émile, plaquiste à Montauroux

Émile refait une salle de bains : moins de 10 m³ de déchets en tout, il n'est donc pas soumis au tri sur le chantier. Son devis précise l'enlèvement, le coût et la destination des déchets. Les chutes de plaques de plâtre partent vers un point de reprise des matériaux, puisque la déchetterie intercommunale refuse les gravats des professionnels. Bois et cartons, 0,3 tonne, vont à la déchetterie de Tourrettes : 0,3 × 200 € = 60 €. Il garde les bordereaux de dépôt pour son client.

7. Déchetterie professionnelle ou publique : badge, tarif, refus

Une collectivité n'est tenue de prendre que les déchets des ménages, pas ceux de votre activité, même quand ils leur ressemblent (le règlement du Pays de Fayence le rappelle). Beaucoup les acceptent pourtant, sous conditions. Les déchetteries privées pour professionnels, elles, facturent selon leurs propres grilles.

Dans le Pays de Fayence, le règlement intérieur en vigueur depuis le 1er janvier 2026 ouvre les déchetteries de Tourrettes et de Bagnols-en-Forêt aux professionnels domiciliés ou imposés sur le territoire, et à ceux qui y font des travaux :

  • badge « PASS DÉCHETS » à 10 €, sur formulaire avec Kbis ou répertoire des métiers, carte grise du véhicule et justificatif d'adresse ou d'imposition ;
  • tarif à la tonne : déchets verts 100 € (120 € hors territoire), autres apports 200 € (210 € hors territoire), facturés chaque mois ;
  • refusés aux professionnels, car réservés aux particuliers et aux communes : gravats propres ou sales (plâtre compris), batteries, huiles alimentaires usagées, emballages vides souillés ; refusés aussi : déchets dangereux non ménagers et pneus des véhicules professionnels ;
  • véhicule de 3,5 tonnes au plus (PTAC) et 2,25 m de large au plus ; benne basculante admise seulement si l'on trie à la main, sauf pour les déchets verts ;
  • accord préalable pour un apport de 7 m³ ou plus ; badge de particulier interdit aux pros, sous peine de désactivation.

Règlement intérieur des déchetteries, Communauté de communes du Pays de Fayence, en vigueur au 1er janvier 2026.

En Dracénie, l'agglomération Dracénie Provence Verdon facture les professionnels au passage, et non plus à la pesée. On crée un compte en ligne, on présente un QR code et son code PIN à l'entrée, et la facture arrive en fin de mois, à régler sous 30 jours. Le même compte ouvre ses 10 déchèteries ; la grille des tarifs figure dans son guide pour les pros (dracenie.com, page « Déchèteries », lue le 16 octobre 2026).

Ailleurs dans le Var, chaque intercommunalité fixe ses propres règles et tarifs. Consultez le règlement de déchetterie publié par la vôtre avant le premier apport. Pour trouver une déchetterie privée ou une installation de reprise, l'annuaire SINOE recense les sites qui acceptent les déchets d'activités économiques (lien sur la fiche F37825 de Service Public Entreprendre).

8. Brûler ses déchets : non, même au fond du terrain

Les biodéchets, branchages et déchets de taille compris, ne peuvent pas être brûlés à l'air libre, ni dans un incinérateur de jardin (L. 541-21-1, II). Seul le préfet peut accorder une dérogation, pour des espèces envahissantes ou nuisibles à la santé, et pour un an au plus (D. 543-227-1).

La sanction existe bel et bien : brûler des biodéchets sans dérogation est une contravention de 4e classe, soit 750 € pour une personne physique (R. 541-78, 14° ; Service Public). Prêter ou vendre un incinérateur de jardin est puni de la même façon (même article, 16°).

Pour les palettes, emballages et chutes, la règle est celle du début : ils vont à une installation autorisée (L. 541-2). Le feu de chantier, lui, n'en est pas une. Les brûler, c'est gérer des déchets hors des règles : mise en demeure et amende administrative possibles (L. 541-3), voire poursuites pénales (L. 541-46).

9. Ce que risque l'entreprise

ManquementSanction encourue
Absence de tri, déchets remis à une personne non autorisée, registre ou bordereau manquantContravention de 4e classe : 750 € pour une personne physique, 3 750 € pour une société (R. 541-78 ; Service Public Entreprendre)
Devis de travaux sans les mentions « déchets »Amende administrative jusqu'à 3 000 € (personne physique) ou 15 000 € (société) (L. 541-21-2-3)
Brûlage de déchets verts ou d'autres biodéchets sans dérogationContravention de 4e classe : 750 € pour une personne physique (R. 541-78, 14°)
Abandon ou dépôt sauvage de déchetsDélit : jusqu'à 4 ans de prison et 150 000 € d'amende, 750 000 € pour une société (L. 541-46 ; Service Public Entreprendre). Une amende forfaitaire de 1 500 € peut aussi éteindre les poursuites (L. 541-46, VIII)
Gestion irrégulière de déchets constatée par le maire ou le préfetAmende administrative jusqu'à 15 000 € et mise en demeure ; ensuite astreinte jusqu'à 1 500 € par jour et amende jusqu'à 150 000 € (L. 541-3)

L'administration peut aussi exiger un audit de vos pratiques de tri par un tiers indépendant, à réaliser en deux mois (D. 543-281).

10. Le registre des déchets et la check-list

Le registre reprend les mentions minimales de l'arrêté du 31 mai 2021 pour les déchets sortants. La check-list fait le tour de vos obligations en dix minutes. Les deux sont dans le document Word offert avec ce guide.

Registre chronologique des déchets sortants

Entreprise : [nom ou dénomination] · SIRET : [numéro] · Adresse de l'établissement : [adresse] · Année : [année]

Sortie n° [1] · Date d'expédition : [date] · Lieu d'enlèvement s'il diffère : [adresse du chantier]

Déchet (nom usuel) : [ex. chutes de bois] · Code déchet : [6 chiffres, astérisque si dangereux] · Quantité : [… t ou … m³]

Transporteur : [moi-même / raison sociale, SIRET, n° de récépissé] · Éco-organisme le cas échéant : [nom, SIREN]

Destination : [installation, SIRET, adresse] · Traitement prévu : [réemploi / recyclage / valorisation énergétique / élimination] · Justificatif : [bordereau de dépôt n° …, facture, BSD n° …]

Sortie n° [2] · Date d'expédition : [date] · Lieu d'enlèvement s'il diffère : [adresse]

Déchet (nom usuel) : […] · Code déchet : […] · Quantité : [… t ou … m³]

Transporteur : […] · Éco-organisme le cas échéant : […]

Destination : […] · Traitement prévu : […] · Justificatif : […]

Sortie n° [3] · Date d'expédition : [date] · Lieu d'enlèvement s'il diffère : [adresse]

Déchet (nom usuel) : […] · Code déchet : […] · Quantité : [… t ou … m³]

Transporteur : […] · Éco-organisme le cas échéant : […]

Destination : […] · Traitement prévu : […] · Justificatif : […]

Check-list déchets de l'entreprise

Mes déchets

J'ai listé ce que je jette : papier et carton, métal, plastique, verre, bois, textiles, gravats, plâtre, biodéchets, déchets dangereux

Un contenant par flux, accessible au personnel · Biodéchets triés à part, compostés ou collectés

Déchets dangereux identifiés (code avec astérisque), stockés fermés et jamais mélangés

Mes prestataires

Collecteur ou déchetterie autorisés : [noms] · Badge de déchetterie professionnelle obtenu le [date]

Compte Trackdéchets ouvert si je remets des déchets dangereux à un tiers · Point de reprise des matériaux repéré : [nom, adresse]

Mes justificatifs

Registre à jour · Bordereaux de dépôt demandés à chaque passage · Attestations annuelles reçues avant le 31 mars

Devis de travaux avec l'enlèvement, le coût et la destination des déchets · Justificatif d'exemption de tri pour les petits chantiers

Tout est conservé au moins trois ans, dans le classeur : [où]

11. Questions fréquentes

Un artisan peut-il aller à la déchetterie de sa commune ?

Souvent, mais ce n'est pas un droit. Chaque collectivité décide si elle accepte les professionnels, avec quels déchets et à quel prix. Lisez son règlement de déchetterie : badge, tarif à la tonne ou au volume, déchets refusés.

Le « tri 5 flux » existe-t-il encore ?

L'expression survit, la règle a grandi. Le code impose aujourd'hui le tri du papier, du métal, du plastique, du verre, du bois et des textiles, plus les fractions minérales et le plâtre pour les chantiers (D. 543-278 et D. 543-281), et celui des biodéchets.

Qu'ont changé les décrets du 2 juin 2026 pour une petite entreprise ?

Peu de choses au quotidien. Les décrets n° 2026-433 et n° 2026-435, en vigueur depuis le 5 juin 2026, posent surtout trois points utiles :

  • vos déchets retrouvés dans un dépôt sauvage restent sous votre responsabilité, pour votre part (R. 541-12-0-1) ;
  • pour les déchets dangereux, la transmission au registre national se fait dans le mois, et non plus sous sept jours (R. 541-43) ;
  • pour les biodéchets, le texte réécrit les trois voies (valoriser soi-même, passer par une installation ou par un collecteur) et l'attestation annuelle, qui peut être électronique (D. 543-226-1 et D. 543-226-2). Les mêmes termes valent pour les autres flux triés (D. 543-282 et D. 543-284).

Faut-il un compte Trackdéchets pour un pot de peinture ?

Seulement si vous remettez ce déchet dangereux à un tiers, comme un collecteur ou une installation. Si votre déchetterie vous admet à déposer des déchets dangereux, si un collecteur de tournée dédiée les prend, ou si l'éco-organisme de la filière les reprend, vous n'émettez pas de bordereau : notez-les dans votre registre (R. 541-45 ; F37830).

Combien de temps garder les justificatifs ?

Le registre se conserve au moins trois ans (R. 541-43). Gardez au même endroit les bordereaux de dépôt et les attestations annuelles. Pour vos autres papiers, voir notre guide Combien de temps garder ses papiers d'entreprise.

Un bon plan déchets se partage

Le négoce qui reprend le plâtre, la déchetterie qui donne ses bordereaux sans qu'on insiste, le collecteur qui passe aussi pour les petits volumes : ces adresses se transmettent entre entrepreneurs du même coin. Votre chambre de métiers, votre CCI et votre organisation professionnelle conseillent aussi sur les obligations de votre métier.

Réseau Actif, association loi 1901 à but non lucratif du Pays de Fayence, réunit des entrepreneurs de tous les secteurs pour s'entraider : rompre l'isolement, partager son expérience, apprendre des autres. Ses guides sont gratuits et ouverts à tous, adhérents ou non.

Pour nous rencontrer : reseauactif.fr

Sources. Code de l'environnement, articles L. 541-1-1, L. 541-2, L. 541-2-1, L. 541-7, L. 541-10-8, L. 541-10-23, L. 541-21-1, L. 541-21-2, L. 541-21-2-1, L. 541-21-2-3, L. 541-46, R. 541-8, R. 541-43, R. 541-45, R. 541-48-4, R. 541-78, R. 541-159, R. 541-160, R. 543-225, R. 543-226, D. 543-226-1, D. 543-226-2, D. 543-227-1, R. 543-290-4, R. 543-290-6, D. 543-278 à D. 543-282, D. 543-284 à D. 543-287, et L. 541-3, R. 541-12-0-1, R. 541-50, R. 543-225, dans leur rédaction issue notamment des décrets n° 2026-433 et n° 2026-435 du 2 juin 2026, version à jour du 7 octobre 2026 (codes.droit.org), consulté le 16 octobre 2026 · Arrêté du 31 mai 2021 fixant le contenu des registres déchets, article 2 (AIDA, Ineris) · Arrêté du 12 juillet 2011 fixant les seuils de biodéchets et d'huiles alimentaires, articles 1 et 2 (AIDA, Ineris) · Service Public Entreprendre : « Gestion des déchets de l'entreprise », vérifiée le 7 août 2026 ; « Tri à la source des déchets des entreprises », vérifiée le 17 mars 2025 ; « Gestion des déchets dangereux des entreprises », vérifiée le 3 juillet 2025 ; « Reprise obligatoire de certains produits usagés par les distributeurs », vérifiée le 18 août 2025 · Service Public : « Peut-on brûler des déchets verts dans son jardin ? », vérifiée le 26 février 2025 · Ministère de la Transition écologique : « Biodéchets », mis à jour le 15 septembre 2026, et « Foire aux questions tri 6/8 flux », mise à jour le 5 février 2024 · Communauté de communes du Pays de Fayence : « Règlement intérieur de déchetterie », en vigueur au 1er janvier 2026 · Dracénie Provence Verdon agglomération : « Déchèteries » ; pages lues le 16 octobre 2026. Avertissement. Ce guide ne constitue pas un conseil juridique. Les règles d'accès et les tarifs des déchetteries sont fixés par chaque collectivité et peuvent changer : vérifiez-les avant tout apport. Réseau Actif n'est pas un service de l'administration et ne fournit aucun document officiel. Version. Document établi le 16 octobre 2026 par Réseau Actif.


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