Mentions légales et RGPD du site d'une petite entreprise

Ce que votre site doit afficher selon votre statut, le médiateur à indiquer si vous vendez aux particuliers, la politique de confidentialité d'un formulaire de contact et les règles des cookies, avec une page « Mentions légales » à remplir.

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1. Quatre rubriques, un pied de page

Tout site professionnel, de la vitrine à la boutique en ligne, doit dire qui le publie. Personne ne lit les mentions légales, sauf le jour où il en a besoin : un client mécontent, un concurrent pointilleux, un agent de contrôle. Quatre rubriques suffisent à la plupart des petites entreprises, toutes accessibles par un lien en pied de chaque page ; la première, les mentions légales proprement dites, dépend de votre statut.

2. Les mentions selon votre statut

Elles viennent de la loi pour la confiance dans l'économie numérique du 21 juin 2004 (LCEN). Depuis la loi du 21 mai 2024 dite « SREN », elles figurent à son article 1-1 : bien des modèles citent encore l'ancien article 6 III. Le code de commerce (article R. 123-237) y ajoute les mentions du registre.

  • Entrepreneur individuel, y compris micro-entrepreneur. Nom et prénom suivis de « entrepreneur individuel » ou « EI » ; adresse de domiciliation de l'entreprise ; adresse électronique et téléphone ; numéro Siren ; pour un commerçant, la mention « RCS » suivie de la ville du greffe ; numéro de TVA intracommunautaire s'il en a un (voir notre guide « Numéro de TVA intracommunautaire : l'obtenir, le retrouver, le vérifier »).
  • Société (SARL, EURL, SAS, SASU…). Dénomination sociale, forme juridique et montant du capital ; adresse du siège ; adresse électronique et téléphone ; numéro Siren et, pour une société commerciale, « RCS » suivi de la ville du greffe ; numéro de TVA intracommunautaire.
  • Activité soumise à autorisation (débit de boissons, sécurité privée, transport…). En plus, le nom et l'adresse de l'autorité qui l'a délivrée.
  • Profession réglementée (architecte, expert-comptable, avocat…). En plus, le titre professionnel, l'État où il a été octroyé, l'ordre ou l'organisme auprès duquel vous êtes inscrit et les règles professionnelles applicables.

Pour tous, deux mentions de plus : le directeur de la publication, qui répond du contenu (dans une petite entreprise, le plus souvent le dirigeant), et l'hébergeur, avec son nom, son adresse et son téléphone. L'hébergeur n'est ni votre neveu qui a monté le site, ni l'agence qui l'a dessiné : c'est l'entreprise dont les serveurs stockent le site. Si votre agence vous refacture l'hébergement, demandez-lui son nom.

Exemple fictif : une micro-entrepreneuse retoucheuse

« Léa Martin EI, retouches et couture », l'adresse de domiciliation, un téléphone et une adresse électronique, le Siren, « directrice de la publication : Léa Martin », puis l'hébergeur. Ni numéro de TVA (elle est en franchise en base) ni mention RCS : son activité est artisanale.

Les quatre rubriques légales d'un site professionnel : les mentions légales, qui disent qui édite et qui héberge le site ; la politique de confidentialité, qui dit ce que deviennent les données ; les cookies, avec un bandeau seulement s'il le faut ; le médiateur de la consommation, si vous vendez aux particuliers. Toutes accessibles par un lien en pied de chaque page. 1 Mentions légales qui édite, qui héberge 2 Confidentialité ce que deviennent les données 3 Cookies un bandeau seulement s'il le faut 4 Médiateur si vous vendez aux particuliers Un lien en pied de chaque page

3. Le médiateur, si vous vendez aux particuliers

Qui vend à des consommateurs doit leur permettre de recourir gratuitement à un médiateur de la consommation agréé, choisi avant le premier litige et payé par le professionnel. Ses coordonnées et l'adresse de son site figurent de manière visible et lisible sur votre site, vos conditions générales de vente et vos bons de commande (article R. 616-1 du code de la consommation) ; vous les redonnez au client quand une réclamation écrite n'a pas abouti. Le choix et la clause sont détaillés dans notre guide « Modèle de clause de médiation de la consommation ». Si vous ne vendez qu'à des professionnels, l'obligation ne vous concerne pas.

4. La politique de confidentialité

Un formulaire de contact recueille des données personnelles au sens du RGPD : l'internaute doit être informé au moment où il le remplit, dans une politique de confidentialité distincte de vos conditions générales de vente.

Ce que l'information doit contenir

Qui traite les données et pourquoi (répondre à la demande, établir un devis) ; la base légale, sans consentement à demander : la préparation d'un contrat pour une demande de devis, votre intérêt légitime pour une simple question ; les champs obligatoires ; les destinataires ; la durée de conservation ; les droits de la personne (accès, rectification, effacement, limitation, opposition), l'adresse où les exercer et la possibilité de saisir la CNIL ; le cas échéant, un transfert hors de l'Union européenne.

L'exemple de mention de la CNIL est repris dans le modèle de la section 7. Ne demandez que ce qui sert (un formulaire de renseignement n'a, en principe, pas besoin de la date de naissance), et n'inscrivez pas d'office l'adresse reçue dans votre lettre d'information.

5. Les cookies et le bandeau

Tout ce qui lit ou dépose une information sur l'appareil du visiteur est un traceur. Pas d'accord à demander pour les traceurs strictement nécessaires (panier, connexion, mémoire du choix, langue), ni pour une mesure d'audience qui produit des statistiques anonymes pour votre seul compte, sans recoupement ni suivi d'un site à l'autre. La CNIL recommande alors une durée de vie des traceurs de treize mois et une conservation des informations de vingt-cinq mois au plus. Un outil qui réutilise les données pour son propre compte sort de l'exemption : vérifiez sa configuration.

Faut-il demander l'accord pour un cookie ? Strictement nécessaire au site, comme le panier, la connexion ou la mémoire du choix : sans consentement. Mesure d'audience anonyme pour votre seul compte : exemptée sous conditions. Publicité et boutons de partage des réseaux sociaux : accord préalable obligatoire. Dans tous les cas où l'accord est demandé, refuser doit être aussi simple qu'accepter. Strictement nécessaire panier, connexion, choix mémorisé Sans consentement Mesure d'audience anonyme, pour vous seul Exemptée sous conditions Publicité, réseaux sociaux boutons de partage, ciblage Accord préalable « Accepter » ou « Refuser » aussi simple l'un que l'autre

Accord préalable obligatoire pour la publicité et les boutons de partage des réseaux sociaux : tant que l'internaute n'a pas accepté, ces traceurs ne sont ni déposés ni lus. Le bandeau présente les finalités avant le choix et propose « Tout accepter » et « Tout refuser » au même niveau et dans le même format. Un « Refuser » gris pâle caché sous un « Accepter » orange vif, la CNIL connaît le tour. Fermer le bandeau ou continuer à naviguer vaut refus. Le choix est mémorisé (six mois conviennent en général, selon la CNIL) et le visiteur doit pouvoir changer d'avis à tout moment, par exemple par un lien « Gérer mes cookies » en pied de page.

Le plus simple : n'utiliser que des traceurs exemptés. Pas de bandeau à afficher ; il suffit d'en informer les visiteurs dans la politique de confidentialité.

6. Ce que coûte un oubli

  • Mentions d'identification (article 1-2 de la LCEN). Jusqu'à un an d'emprisonnement et 75 000 € d'amende pour l'entrepreneur individuel, micro-entrepreneur compris, ou le dirigeant ; 375 000 € d'amende pour une société.
  • Mentions du registre du commerce (article R. 123-237 du code de commerce). Contravention de 4e classe, 750 € au plus, 3 750 € pour une société.
  • Médiateur non indiqué (article L. 641-1 du code de la consommation). Amende administrative jusqu'à 3 000 € pour une personne physique, 15 000 € pour une personne morale.
  • Information sur les données incomplète (article R. 625-10 du code pénal). Contravention de 5e classe, 1 500 € au plus, 7 500 € pour une société.
  • Cookies sans accord. La CNIL ne vise pas que les géants (325 millions d'euros pour l'un d'eux en 2025) : la même année, en procédure simplifiée, elle a infligé des amendes de 2 000 à 20 000 € à des boutiques en ligne, une agence de voyages, un éditeur de journaux et même une collectivité.

Ce sont des maximums ; le risque le plus concret reste le client en litige qui ne trouve sur votre site ni vos coordonnées ni votre médiateur.

7. Votre page « Mentions légales » à remplir

1. Éditeur du site

Si vous êtes entrepreneur individuel : [Prénom Nom] EI, [activité]. Adresse : [adresse de domiciliation]. Siren : [9 chiffres]. [RCS de (ville du greffe), si vous êtes commerçant].

Si vous êtes une société : [Dénomination], [forme juridique] au capital de [montant] €. Siège : [adresse]. Siren : [9 chiffres], RCS [ville du greffe].

Téléphone : […] · Courriel : […] · N° de TVA intracommunautaire : [FR…, ou supprimer si vous n'en avez pas]

Directeur ou directrice de la publication : [Prénom Nom]

2. Hébergeur, médiateur, activité réglementée

Hébergeur : [nom ou dénomination], [adresse], téléphone : […]

Si vous vendez aux particuliers : en cas de litige non résolu par une réclamation écrite, le client consommateur peut saisir gratuitement le médiateur [nom], [adresse postale], [adresse du site du médiateur].

Si concerné : autorisation délivrée par [nom et adresse de l'autorité]. Titre professionnel : […], octroyé en [État] ; inscription : [ordre ou organisme] ; règles professionnelles : [intitulé].

3. Données personnelles et cookies

Voir notre page [« Confidentialité », avec son lien]. Cookies : [uniquement des cookies nécessaires et une mesure d'audience anonyme / des cookies soumis à votre accord, réglables par le lien « Gérer mes cookies »]. Crédits photos : [auteur ou licence].

4. Mention à placer sous le formulaire de contact

Les informations recueillies sur ce formulaire sont enregistrées par [nom et coordonnées] pour répondre à votre demande, sur la base de [la préparation d'un contrat à votre demande / notre intérêt légitime]. Les champs marqués d'un astérisque sont obligatoires. Destinataires : [vous seul / votre prestataire informatique]. Conservation : [le temps de traiter la demande]. Vous pouvez accéder à vos données, les rectifier, les faire effacer, vous opposer à leur traitement ou en demander la limitation en écrivant à [adresse électronique], et adresser une réclamation à la CNIL.

Un site en règle, et des pros pour en parler

N'entreprenez pas seul : la CCI, la CMA, les réseaux d'entrepreneurs et les pépinières vous font rencontrer des gens qui ont déjà rédigé ces pages.

Réseau Actif, association et club d'entrepreneurs du Var, réunit des professionnels de tous métiers. Parmi ses services mutualisés : un médiateur de la consommation offert aux adhérents, pour régler à l'amiable les litiges avec vos clients et remplir votre obligation légale.

Pour nous rencontrer : reseauactif.fr

Sources. Entreprendre Service Public : « Mentions obligatoires sur le site internet d'une entreprise » (13 octobre 2026), « Faire du commerce en ligne (e-commerce) : règles à respecter » (19 juin 2026), « Médiation des litiges de la consommation » (27 octobre 2023) · Loi n° 2004-575 du 21 juin 2004, articles 1-1, 1-2 et 19, rédaction issue de la loi n° 2024-449 du 21 mai 2024 · Codes de commerce (R. 123-237), de la consommation (L. 616-1, R. 616-1, L. 641-1) et pénal (131-13, R. 625-10), consultés sur codes.droit.org le 13 octobre 2026 · CNIL : « Cookies et traceurs : comment mettre mon site web en conformité ? » (1er octobre 2020), « Cookies : solutions pour les outils de mesure d'audience » (4 juillet 2025), « Exemples de formulaire de collecte de données à caractère personnel » (26 juillet 2019), « Les sanctions prononcées par la CNIL » (consultée le 13 octobre 2026). Avertissement. Exemples fictifs. Ce guide ne constitue pas un conseil juridique. Version. Document établi le 13 octobre 2026 par Réseau Actif.


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