Publié le · par Réseau Actif · sources officielles citées
Qui est bénéficiaire effectif (plus de 25 % du capital ou des votes), quand le déclarer, le délai de 30 jours et les sanctions en 2026.
Le bénéficiaire effectif d'une société est la personne physique qui détient, directement ou indirectement, plus de 25 % du capital ou des droits de vote, ou qui la contrôle par un autre moyen ; à défaut, c'est le représentant légal. La société le déclare à son immatriculation sur le guichet unique, puis signale tout changement dans les trente jours. Un oubli peut coûter jusqu'à 200 000 € d'amende à une personne physique, et la radiation de la société.
Le même texte que le PDF, à lire ici. Les modèles se remplissent plus facilement dans la version à télécharger.
Le bénéficiaire effectif d'une société est la personne physique qui détient, directement ou indirectement, plus de 25 % du capital ou des droits de vote, ou qui contrôle la société par un autre moyen. Si personne ne remplit ces critères, c'est le représentant légal (gérant, président). La société déclare ses bénéficiaires effectifs lors de son immatriculation, sur le guichet unique des formalités des entreprises, puis signale tout changement dans les trente jours. Un oubli peut coûter cher : jusqu'à 200 000 € d'amende pour une personne physique, et la radiation de la société.
Le principe tient en une phrase du code monétaire et financier : le bénéficiaire effectif est la ou les personnes physiques qui contrôlent en dernier lieu, directement ou indirectement, la société (article L. 561-2-2). Une personne physique, donc. Une holding n'est jamais bénéficiaire effectif : on remonte jusqu'aux humains qui sont derrière.
Pour une société, le décret donne trois façons de l'être (article R. 561-1) :
« Plus de 25 % », pas « 25 % ». Quatre associés à 25 % chacun ne sont pas bénéficiaires effectifs au titre du capital. Le formulaire du guichet parle de « détention de 25 % du droit de vote » : c'est le texte qui fait foi, et il dit « plus de ».
Personne ne passe le seuil ? Alors, et seulement alors, le bénéficiaire effectif est le représentant légal : le ou les gérants d'une SARL, d'une SNC ou d'une société civile ; le président et, le cas échéant, le directeur général d'une SAS ; le directeur général d'une SA à conseil d'administration ; le président du directoire, ou le directeur général unique, d'une SA à directoire (article R. 561-1). Si le président de votre SAS est lui-même une société, on retient la ou les personnes physiques qui la représentent légalement.
Un seul critère suffit, et le code ne fixe aucun nombre : une société peut avoir un, deux, quatre bénéficiaires effectifs. Une associée à 60 % et un associé à 30 % le sont tous les deux.
La fiche pratique des greffes à laquelle renvoie Service Public (« 15 schémas pour identifier les bénéficiaires effectifs dans les sociétés ») tranche plusieurs situations courantes :
Quand les parts sont détenues par une société intermédiaire, on multiplie les pourcentages le long de la chaîne. C'est la méthode des schémas des greffes : 60 % d'une holding qui détient 85 % de la société, cela fait 60 × 85 % = 51 % de détention indirecte. Si la même personne détient aussi des parts en direct, on additionne.
La SAS Atelier Sorbelin a quatre associés. Claire détient 20 % en direct. Sa holding, Clavénor Participations, détient 40 % ; Claire possède 60 % de la holding, Paul les 40 % restants. Marc détient 30 % en direct, Sophie 10 %. Le président est Julien, salarié recruté pour diriger l'atelier, sans aucune part.
La société déclare donc Claire et Marc, en précisant pour Claire une détention directe et indirecte.
Quand le calcul ne suffit pas. Une chaîne de sociétés détenues chacune à 51 % donne, par multiplication, une détention indirecte faible : 51 % × 51 % × 51 % = 13,26 %. Pourtant, la personne qui tient la majorité à chaque étage décide de tout. Les greffes la retiennent comme bénéficiaire effectif au titre du contrôle par un autre moyen. Retenez le réflexe : on calcule d'abord, puis on se demande qui décide vraiment.
Les sociétés concernées. Doivent connaître et tenir à jour leurs bénéficiaires effectifs, puis les déclarer au registre du commerce et des sociétés, les sociétés et groupements d'intérêt économique ayant leur siège en France, les sociétés commerciales étrangères qui y ont un établissement, et les autres entités immatriculées au RCS (articles L. 561-45-1 et L. 561-46, renvoyant à l'article L. 123-1 du code de commerce). Concrètement : SARL, EURL, SAS, SASU, SA, SNC, SCI et autres sociétés civiles, GIE. Les sociétés cotées sur un marché réglementé en sont dispensées, pas leurs filiales.
Les entrepreneurs individuels n'ont rien à déclarer. Le micro-entrepreneur n'est pas une société : il ne figure pas dans la liste du code. Si vous passez en société, en revanche, la question se pose dès l'immatriculation.
Les associations sont tenues, elles aussi, d'identifier et de conserver les informations sur leurs bénéficiaires effectifs (article L. 561-45-1, 3°). Pour elles, le décret regarde comme bénéficiaire effectif toute personne qui exerce des fonctions d'administrateur, de surveillance ou de direction (article R. 561-3). Leur déclaration est prévue non pas au registre du commerce, mais dans le registre que l'administration tient déjà sur elles (article L. 561-46-1). Ce guide vise les sociétés.
| Moment | Délai | Ce qui se passe |
|---|---|---|
| Immatriculation de la société | dans le dossier de création | La déclaration des bénéficiaires effectifs fait partie de la demande d'immatriculation (article R. 561-55). |
| Tout fait qui change les informations déclarées | 30 jours | La société demande une inscription modificative dans les trente jours suivant le fait ou l'acte (article R. 561-55) : cession de parts, entrée d'un associé, augmentation de capital, déménagement d'un bénéficiaire, changement de nom d'usage après un mariage. |
| Demande de la société à un bénéficiaire | 30 jours ouvrables | Le bénéficiaire effectif doit transmettre à la société les informations qu'elle lui demande (articles L. 561-45-2 et R. 561-56-1). |
Le piège classique : la cession de parts signée en juin, enregistrée, fêtée, et oubliée au registre. Trente jours passent vite quand on vient de vendre.
Par le guichet unique. La société déclare au registre du commerce et des sociétés par l'intermédiaire du guichet unique des formalités des entreprises, l'organisme unique prévu par le code de commerce (article L. 561-46 du code monétaire et financier ; articles L. 123-33 et R. 123-1 du code de commerce). Les informations rejoignent aussi le registre national des entreprises, tenu par l'INPI. Dans le dossier, une rubrique « bénéficiaires effectifs » permet d'ajouter chaque personne et de préciser le type de contrôle, avec le pourcentage de capital ou de droits de vote quand c'est le critère retenu (INPI). Réseau Actif ne fait aucune formalité : ce guide vous aide à préparer la vôtre.
Ce que la déclaration contient (article R. 561-56) :
Ce que contrôle le guichet. L'INPI vérifie que la somme des parts directes et indirectes de tous les bénéficiaires effectifs déclarés ne dépasse pas 100 %, et de même pour les droits de vote. Les parts en indivision sont écartées de ce contrôle, puisque chaque indivisaire déclare l'indivision entière. Le greffier, lui, vérifie que les informations sont complètes, conformes aux textes et cohérentes avec les pièces déposées (article L. 561-47). Une faute de frappe qui porte le total à 104 % ne passera pas ce contrôle.
Ce que ça coûte. Service Public indique 19,33 € pour la déclaration faite avec l'immatriculation et 35,36 € pour une inscription modificative. Le montant exact s'affiche sur le guichet avant le paiement.
Le registre des bénéficiaires effectifs a longtemps été consultable par tous. La Cour de justice de l'Union européenne a jugé en 2022 que cet accès du grand public portait atteinte au respect de la vie privée et à la protection des données ; depuis le 31 juillet 2024, l'accès est réservé (Service Public). Le code distingue aujourd'hui :
La demande d'accès s'adresse à l'INPI ou au greffe compétent, qui délivre un certificat d'accès valable trois ans (articles L. 561-46-2 et R. 561-58-3). Le décret du 24 avril 2026 leur donne douze jours ouvrables pour statuer, sept si le demandeur détient déjà un certificat (article R. 561-58-2) ; ce délai vaut pour les demandes présentées à partir du 10 novembre 2026 (Service Public, Conseil national des greffiers). Chaque bénéficiaire effectif peut aussi demander qui a consulté ses informations ; quand c'est un journaliste, une association ou un chercheur, seule sa profession lui est indiquée (article L. 561-46-2, III).
Avant cette loi de mai 2026, l'amende du représentant légal était de 7 500 €, avec six mois d'emprisonnement encourus ; la prison a disparu, l'amende a été multipliée par plus de vingt-six (Service Public). Le registre n'a plus rien d'une case à cocher.
La loi demande à la société d'obtenir et de conserver des informations exactes et à jour sur ses bénéficiaires effectifs (article L. 561-45-1). Cette fiche sert à cela : remplie avant d'ouvrir le guichet, elle évite les allers-retours ; gardée avec le registre des mouvements de titres ou les statuts, elle vous dit à quoi penser à chaque changement.
Dénomination : [dénomination] · Forme : [SAS, SARL, SCI…]
Siège : [adresse du siège] · SIREN et greffe : [n° SIREN, RCS ville]
Représentant légal : [Prénom Nom, fonction] · Fiche établie le : [date]
Nom, nom d'usage, pseudonyme, prénoms : […]
Date et lieu de naissance : […] · Nationalité : […]
Adresse personnelle : [adresse complète]
Bénéficiaire effectif depuis le : [date de l'acte : statuts, cession, augmentation de capital…]
Capital détenu directement : [… %] · indirectement : [… %, par la société …] · total : [… %]
Calcul de la détention indirecte : [part détenue dans la holding × part détenue par la holding = … %]
Droits de vote détenus directement : [… %] · indirectement : [… %] · total : [… %]
Contrôle par un autre moyen : [pouvoir de nommer ou de révoquer la majorité des dirigeants, pacte d'associés, groupe familial, usufruit… : préciser, ou « aucun »]
À défaut, représentant légal : [oui ou non : seulement si personne ne remplit les critères ci-dessus]
La ou les personnes physiques qui détiennent, directement ou indirectement, plus de 25 % du capital ou des droits de vote, ou qui contrôlent la société par un autre moyen. Si personne ne remplit ces critères, c'est le représentant légal : le président et, le cas échéant, le directeur général de la SAS, le ou les gérants de la SARL.
Oui. La SCI est une société civile immatriculée au registre du commerce et des sociétés : elle déclare ses bénéficiaires effectifs comme une société commerciale. Si aucun associé ne dépasse 25 % et que personne ne la contrôle par un autre moyen, ce sont son ou ses gérants.
Dans les trente jours suivant le fait ou l'acte qui modifie les informations déclarées : cession de parts, nouvel associé, déménagement d'un bénéficiaire effectif, changement de nom d'usage (article R. 561-55).
Pas au titre du capital ou des droits de vote : le texte exige « plus de 25 % ». Elle peut l'être si elle contrôle la société par un autre moyen, par exemple un pacte qui lui donne le pouvoir de nommer la majorité des dirigeants.
Plus le grand public. La société et ses bénéficiaires effectifs voient leurs propres informations, les autorités et les professionnels soumis à la lutte contre le blanchiment ont un accès intégral, et les personnes qui justifient d'un intérêt légitime ont un accès limité, sur demande à l'INPI ou au greffe.
La radiation d'office du registre après une mise en demeure restée trois mois sans effet, une injonction du président du tribunal, et des sanctions pénales : 200 000 € d'amende pour une personne physique, jusqu'à 1 000 000 € pour une personne morale, plus des peines complémentaires.
N'entreprenez pas seul : la CCI, la CMA, les réseaux d'entrepreneurs et les pépinières vous font rencontrer des dirigeants qui ont déjà monté une holding ou fait entrer un associé. Pour les montages un peu tordus, démembrement, pacte ou chaîne de sociétés, votre expert-comptable, votre avocat ou votre notaire valident l'analyse avant la déclaration.
Réseau Actif, association et club d'entrepreneurs du Pays de Fayence, connecte les professionnels quel que soit leur secteur : dirigeants, salariés, indépendants, porteurs de projet. On y partage ses doutes et ses réussites, et les soirées du réseau servent à se faire connaître des autres professionnels du territoire.
Pour nous rencontrer : reseauactif.fr
Sources. Code monétaire et financier, articles L. 561-2-2, L. 561-45-1, L. 561-45-2, L. 561-46, L. 561-46-1, L. 561-46-2, L. 561-47, L. 561-47-1, L. 561-48, L. 574-5, L. 574-6, R. 561-1, R. 561-3, R. 561-55, R. 561-56, R. 561-56-1, R. 561-58-2, R. 561-58-3 et R. 561-65, version à jour du 1er septembre 2026 (codes.droit.org) ; code de commerce, articles L. 123-1, L. 123-33, L. 233-3 et R. 123-1, version à jour du 1er octobre 2026 (codes.droit.org) ; code pénal, articles 131-27, 131-38 et 131-39, version à jour du 26 août 2026 (codes.droit.org) ; tous consultés le 15 octobre 2026 · Service Public Entreprendre : « Déclaration des bénéficiaires effectifs de la société », vérifiée le 3 juin 2026 ; « Nouvelles conditions d'accès au Registre des bénéficiaires effectifs », publiée le 9 mai 2025, mise à jour le 29 avril 2026 · INPI : « Qui sont les bénéficiaires effectifs d'une société ? », publiée le 8 décembre 2021, mise à jour le 9 avril 2025 · Greffes des tribunaux de commerce : « 15 schémas pour identifier les bénéficiaires effectifs dans les sociétés », février 2018 · Conseil national des greffiers des tribunaux de commerce : « Un décret modifie l'accès aux informations du registre des bénéficiaires effectifs », Bulletin d'actualité des greffiers n° 208, juin 2026 ; toutes pages lues le 15 octobre 2026. Avertissement. Exemples fictifs. Ce guide ne constitue pas un conseil juridique. Réseau Actif n'accomplit aucune formalité : la déclaration se fait sur le guichet unique des formalités des entreprises. Version. Document établi le 15 octobre 2026 par Réseau Actif.
Nos ressources documentaires sont librement accessibles. Elles sont produites dans le cadre de notre activité d'information, et rien ne vous est demandé en échange.
La lettre de Réseau Actif : les nouveaux guides pratiques et l'agenda des rencontres. Une adresse suffit.
Vous confirmez d'abord par un clic dans le message reçu. Votre adresse sert uniquement à cette lettre ; vous partez quand vous voulez.