Auto-entrepreneur et chômage : garder l'ARE ou l'ARCE ?

Publié le · par Réseau Actif · sources officielles citées

Créer sa micro-entreprise au chômage : déclarer à France Travail, calcul du maintien de l'ARE, plafond de 60 %, ARCE en capital, simulation chiffrée, ATI si l'activité s'arrête et erreurs à éviter.

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En bref

Un demandeur d'emploi qui crée sa micro-entreprise après son inscription à France Travail garde ses droits, au choix sous deux formes. Garder l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) : chaque mois, elle est réduite de 70 % du revenu d'activité, qui est en micro le chiffre d'affaires après abattement (71 % vente, 50 % services, 34 % libéral), et l'allocation plus ce revenu ne peuvent pas dépasser l'ancien salaire brut. Si le contrat de travail a pris fin depuis le 1er avril 2025, ce maintien s'arrête quand 60 % des droits restants à la création ont été versés, sauf demande à l'instance paritaire régionale sans aucun revenu. Prendre l'ARCE : 60 % des droits restants, moins 3 % pour les r

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La réponse courte

Vous touchez l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) et vous créez votre micro-entreprise ? Deux options, au choix. Garder l'ARE chaque mois : elle est réduite de 70 % de votre revenu d'activité, qui est, en micro, votre chiffre d'affaires après un abattement forfaitaire de 71 %, 50 % ou 34 % selon l'activité. L'allocation et ce revenu réunis ne peuvent pas dépasser votre ancien salaire brut. Prendre l'ARCE : 60 % des droits qui vous restent, moins une participation de 3 % pour les retraites complémentaires, en deux versements à six mois d'écart. L'ARCE suppose d'avoir obtenu l'ACRE (Entreprendre Service Public, fiches F36613 et F15252).

Si votre contrat de travail a pris fin depuis le 1er avril 2025, le maintien de l'ARE s'arrête lui aussi quand 60 % des droits restants à la création ont été versés (Unédic). L'ARE mensuelle valide des trimestres de retraite de base, l'ARCE non. Dans les deux cas, prévenez France Travail de votre création et restez inscrit.

1. Avant d'immatriculer : prévenez France Travail et restez inscrit

Le droit de cumuler l'ARE avec les revenus d'une activité non salariée suppose deux choses, selon l'Unédic : avoir commencé l'activité après votre inscription à France Travail, et rester inscrit comme demandeur d'emploi. Créer ne vous fait donc pas sortir des listes. C'est même l'inverse : vous déclarez votre projet à France Travail, puis votre activité chaque mois.

Trois vérifications avant de signer quoi que ce soit au guichet unique.

  • Votre ancien contrat de travail. Une clause de non-concurrence valable vous interdit, pour un temps et sur un territoire, l'activité de votre ancien employeur. Entreprendre Service Public le rappelle : relisez-la avant de créer dans le même métier.
  • L'ACRE. Cette exonération partielle de cotisations se demande à l'Urssaf dans les 60 jours qui suivent l'ouverture de l'activité. Elle conditionne l'ARCE. Les pièces et le pas à pas sont dans notre guide Demande d'ACRE : qui y a droit, comment faire.
  • La date de fin de votre contrat de travail. Avant ou après le 1er avril 2025 : la règle du maintien n'est pas la même (encadré de la partie 4). Un licenciement engagé avant cette date reste sous les anciennes règles (circulaire Unédic n° 2025-03).

Vous aviez déjà votre micro-entreprise quand vous avez perdu votre emploi salarié ? Le cas est différent. Licencié ou en fin de CDD, vous pouvez cumuler intégralement l'ARE et les revenus de l'activité déjà existante (Entreprendre Service Public, F36613). Ni plafond de 60 %, ni ARCE dans ce cas, puisque la création n'a pas eu lieu après la fin du contrat.

2. Garder l'ARE : 70 % de votre revenu retenu sont déduits chaque mois

Le principe d'abord : chaque mois, France Travail déduit de votre allocation 70 % de ce que l'activité vous a rapporté. Le reste vous est versé en plus de votre chiffre d'affaires. Plus vous facturez, moins vous touchez, mais vous gagnez toujours plus qu'en ne facturant pas.

Le calcul, étape par étape

1. Le revenu retenu. En micro-entreprise, ce n'est pas votre chiffre d'affaires brut. On en retire d'abord l'abattement forfaitaire pour frais professionnels, le même que pour l'impôt : 71 % pour la vente de marchandises, 50 % pour les prestations de services commerciales ou artisanales et la location meublée, 34 % pour les activités libérales (BNC).

2. Le nombre de jours payés. L'Unédic donne la formule :

Jours indemnisés = [ARE mensuelle − (chiffre d'affaires − abattement) × 0,70] ÷ allocation journalière

L'ARE mensuelle est celle d'un mois complet sans activité, calculée sur 30 jours depuis avril 2025. Le résultat est arrondi à l'entier le plus proche, puis multiplié par l'allocation journalière.

La formule tient sur une ligne, ce qui ne veut pas dire qu'elle se fait de tête.

3. Le plafond. L'allocation et le revenu retenu réunis ne peuvent pas dépasser votre ancien salaire mensuel brut, celui qui a servi à calculer l'ARE. En micro, le revenu retenu est bien le chiffre d'affaires après abattement, pas le chiffre encaissé (circulaire Unédic n° 2025-03). Au-delà, le nombre de jours payés baisse d'autant.

4. La durée. Seuls les jours indemnisés sont décomptés de vos droits. Un mois où vous recevez 18 jours sur 30 décale de 12 jours la fin de vos droits (Unédic).

Exemple fictif : Isaure, toiletteuse canine à domicile à Fréjus

Isaure touche 45 € d'allocation par jour, soit 1 350 € par mois. Son ancien salaire brut était de 2 800 €. Le jour où elle crée, il lui reste 360 jours de droits, soit 16 200 €. Son activité est une prestation de services artisanale : abattement de 50 %.

Les trois premiers mois, elle encaisse 600 € par mois. Revenu retenu : 300 €. Déduction : 300 × 0,70 = 210 €. Jours payés : (1 350 − 210) ÷ 45 = 25,3, arrondis à 25, soit 1 125 € d'allocation. Elle dispose de 600 + 1 125 = 1 725 € avant ses cotisations.

À partir du quatrième mois, elle encaisse 1 600 €. Revenu retenu : 800 €. Déduction : 560 €. Jours payés : (1 350 − 560) ÷ 45 = 17,6, arrondis à 18, soit 810 €. Elle dispose de 2 410 €. Pour le plafond, on additionne l'allocation et le revenu retenu : 810 + 800 = 1 610 €, loin des 2 800 € de son ancien salaire. Calcul indicatif : seul France Travail fixe vos droits.

La déclaration mensuelle : votre chiffre du mois, puis le justificatif

Chaque mois, lors de votre actualisation, vous indiquez à France Travail que vous exercez une activité et que vous cherchez toujours un emploi, avec le montant de vos revenus d'activité. Vous transmettez ensuite un justificatif dès que vous l'avez (Unédic). En micro, votre déclaration à l'Urssaf fait l'affaire : notre guide Déclarer son chiffre d'affaires d'auto-entrepreneur explique quoi déclarer et quand. Vous déclarez à l'Urssaf chaque trimestre ? France Travail, lui, attend un chiffre chaque mois.

Deux situations sont prévues par l'Unédic quand le chiffre manque.

  • Vous connaissez le montant mais n'avez pas encore le justificatif : vous recevez une avance de 80 % de l'allocation calculée sur ce que vous avez déclaré. Le reste suit quand le justificatif arrive.
  • Vous ne connaissez pas encore vos revenus (activité qui démarre, revenu qui dépend du bénéfice, clients qui ne paient pas tous les mois) : vous recevez, à titre provisoire, 70 % de votre allocation mensuelle. Une régularisation a lieu une fois par an, sur vos revenus réels. Sans justificatifs, plus aucun paiement provisoire n'est possible.

En micro-entreprise, le chiffre encaissé dans le mois est en principe connu à la fin du mois. Mieux vaut le déclarer tel quel que laisser grossir une régularisation annuelle, qui peut tomber dans un sens comme dans l'autre.

Le plafond de 60 % et la porte de l'instance paritaire

Si votre contrat de travail a pris fin depuis le 1er avril 2025, le maintien s'arrête quand 60 % des droits qui restaient à la création ont été consommés. Pour Isaure, 60 % de 360 jours, soit 216 jours ou 9 720 €. Au rythme de l'exemple, elle les atteint au onzième mois.

Une seule exception : si l'activité ne vous a encore rien rapporté, dividendes compris, depuis la création, vous pouvez demander à l'instance paritaire régionale (IPR) de poursuivre le versement. Il faut prouver que l'activité continue réellement, et déposer la demande au plus tard six mois après le mois où le plafond a été atteint (F36613). France Travail peut vous aider à monter le dossier. Si l'activité cesse définitivement, le reliquat de vos droits peut de nouveau vous être versé (Unédic).

3. L'ARCE : 60 % de vos droits restants, en deux versements

L'aide à la reprise ou à la création d'entreprise (ARCE) transforme une partie de vos droits en capital. Son montant : 60 % des droits qui vous restent à la date d'attribution, c'est-à-dire le nombre de jours restants multiplié par votre allocation journalière à cette date. Si votre allocation subit déjà la baisse appliquée aux fortes allocations (la dégressivité), le capital en tient compte (Unédic). Une participation de 3 % pour les retraites complémentaires est ensuite déduite (F15252).

Les conditions. Avoir créé ou repris l'entreprise en France après la fin du contrat de travail qui a ouvert vos droits, bénéficier de l'ARE, et avoir obtenu l'ACRE. La demande se fait auprès de France Travail, avec un justificatif d'immatriculation au registre national des entreprises, ou un extrait Kbis pour une activité commerciale.

Les deux versements. La moitié au démarrage de l'activité, l'autre moitié six mois après le premier paiement. Le second n'est versé que si deux conditions sont remplies : l'activité existe toujours, et vous n'occupez pas un emploi en CDI à temps plein. France Travail le vérifie aussi dans les déclarations sociales des employeurs. Depuis le 1er septembre 2026, cette seconde condition ne s'applique plus aux créateurs ou repreneurs d'une Scop qui y travaillent en CDI à temps plein (Unédic, F15252).

La retraite. L'ARCE ne valide pas de trimestres de retraite de base. L'ARE versée chaque mois, elle, ouvre des « périodes assimilées » prises en compte pour la retraite (F15252).

Si l'activité s'arrête après le second versement. Il vous reste 40 % de vos droits. Réinscrit à France Travail, vous les retrouvez après un différé égal au nombre d'allocations journalières que représentait le second versement (F15252). Ce délai court à partir de la date du second versement : si l'activité s'arrête plus tard, il est déjà en partie, voire entièrement, écoulé (circulaire Unédic n° 2025-03).

Si l'activité s'arrête avant le second versement. La seconde moitié n'est pas versée. Seule la somme réellement reçue est déduite de vos droits : le reste demeure dans votre reliquat (circulaire Unédic n° 2025-03).

4. Simulation : la même somme, versée à des moments différents

Reprenons Isaure, avec les mêmes chiffres fictifs, et posons les deux options côte à côte sur sa première année.

Garder l'AREPrendre l'ARCE
Montant brut1 125 € par mois pendant 3 mois, puis 810 € ; le 11e mois, les 15 derniers jours, soit 675 €. Total : 9 720 €60 % de 16 200 € = 9 720 €, moins 3 % : 9 428,40 €
Quand l'argent arriveChaque mois, à mesure que l'activité démarre4 714,20 € au démarrage, 4 714,20 € six mois plus tard
Si le chiffre d'affaires monte plus viteL'allocation de chaque mois baisse ; les jours non payés reportent la fin des droitsRien ne change : le capital est fixé au départ
Retraite de basePériodes assimilées validéesAucun trimestre
Si l'activité s'arrêteReprise du reliquat possibleAprès le second versement : 40 % des droits (144 jours, 6 480 €), au plus tôt 108 jours après ce second versement
Condition propreDéclarer chaque mois, justifier ses revenusAvoir obtenu l'ACRE ; pas de CDI à temps plein au 6e mois

Exemple fictif, montants bruts, arrondis selon les règles de l'Unédic. Différé : 4 860 € ÷ 45 € = 108 jours, soit le montant brut du second versement divisé par l'allocation journalière, compté à partir de la date de ce versement (circulaire Unédic n° 2025-03). France Travail fait le calcul exact sur votre dossier, et son simulateur en ligne donne un ordre de grandeur.

Le détail qui change tout

Avant avril 2025, garder l'ARE pouvait rapporter davantage que l'ARCE : le cumul durait jusqu'au bout des droits. Depuis, pour toute ouverture de droits liée à une fin de contrat à compter du 1er avril 2025, le maintien s'arrête lui aussi à 60 % des droits restants à la création (Unédic, « Qu'est-ce qui change au 1er avril », et fiche « Cumul ARE-rémunération » d'avril 2025). Les deux options visent donc le même plafond brut. Le choix ne se fait plus sur le total, mais sur le calendrier, la retraite et le risque.

La même fiche de l'Unédic ajoute un point rarement lu : quand le plafond de 60 % est atteint, les paiements provisoires de 70 % versés faute de revenus connus ne sont pas régularisés. Et l'inverse vaut aussi : des droits nés d'un contrat terminé avant le 1er avril 2025 ne connaissent pas ce plafond. Regardez cette date avant de comparer.

Au comptoir, chacun connaît quelqu'un qui « a gardé son chômage deux ans en auto-entrepreneur ». Il a peut-être raison : son contrat avait sans doute pris fin avant avril 2025.

Comment trancher

L'ARCE se défend si le projet demande une dépense au départ (matériel, véhicule, stock, travaux), si vous visez vite un chiffre d'affaires qui réduirait de toute façon l'allocation, ou si un apport personnel vous ouvre un prêt d'honneur (voir Prêt d'honneur : montant et dossier).

L'ARE mensuelle se défend si l'activité démarrera lentement, si vous avez besoin d'un revenu régulier pour vivre, si vos trimestres de retraite comptent, ou si vous n'excluez pas un CDI dans les six mois.

Après 50 ans, les durées de droits et la question de la retraite pèsent davantage : notre guide Entreprendre après 50 ans les détaille. Et les autres aides au démarrage, avec ceux qui accompagnent les créateurs, sont dans Aides et accompagnement à la création d'entreprise.

5. Si l'activité s'arrête : le reliquat d'ARE, sinon l'ATI

Une activité qui ne décolle pas n'efface pas vos droits. Si vous aviez gardé l'ARE, le reliquat peut reprendre quand l'activité cesse définitivement. Si vous aviez pris l'ARCE, les 40 % restants reviennent après le différé (partie 3). La démarche, la déclaration de cessation et ce qui reste à payer sont dans notre guide Fermer sa micro-entreprise.

Vous n'avez plus de droits à l'ARE ? L'activité indépendante elle-même peut ouvrir une allocation, l'allocation des travailleurs indépendants (ATI). Ses conditions sont strictes (code du travail, articles L. 5424-25, R. 5424-70 et suivants) :

  • Une fin d'activité reconnue : liquidation judiciaire, redressement judiciaire avec remplacement du dirigeant imposé par le tribunal, ou cessation totale et définitive déclarée au guichet unique d'une activité qui n'est plus économiquement viable. Ce dernier cas suppose une baisse d'au moins 30 % des revenus déclarés à l'impôt, attestée par un expert-comptable ou par une personne habilitée de la CCI ou de la CMA (R. 5424-72-1 et R. 5424-72-2).
  • Deux ans d'activité sans interruption dans la même entreprise.
  • Au moins 10 000 € de revenus d'activité sur une année : la meilleure des deux dernières, si elles sont complètes (R. 5424-71).
  • D'autres ressources inférieures au montant du RSA pour une personne seule, et une recherche effective d'emploi.
  • Une inscription à France Travail dans les 12 mois qui suivent la fin de l'activité (R. 5424-73).

Montant et durée. 26,30 € par jour en métropole, soit 789 € pour 30 jours, pendant 182 jours au plus : 4 786,60 € au total. L'allocation est réduite si vos revenus mensuels moyens d'avant étaient inférieurs à ce montant, sans descendre sous 19,73 € par jour (L. 5424-27, D. 5424-74, D. 5424-75). Après une ATI, il faut attendre cinq ans pour en ouvrir une autre (L. 5424-29). Si une procédure collective est en cours, notre guide Sauvegarde, redressement, liquidation judiciaire en explique les étapes.

Ce que peu de gens savent : les 10 000 € s'entendent après abattement

Pour un micro-entrepreneur, les revenus retenus pour l'ATI sont le chiffre d'affaires déclaré diminué de l'abattement forfaitaire (article R. 5424-71 du code du travail). Le seuil de 10 000 € correspond donc à environ 20 000 € de chiffre d'affaires annuel en prestations de services commerciales ou artisanales, 34 483 € en vente de marchandises et 15 152 € en activité libérale.

Exemple fictif : Ilan, électricien en micro-entreprise à Brignoles depuis trois ans, a encaissé 18 000 € sa meilleure année. Revenu retenu : 9 000 €. Il n'atteint pas le seuil, alors qu'il pensait l'avoir dépassé de loin. Faites ce calcul avant de compter sur l'ATI.

6. Les erreurs qui coûtent cher

  • Oublier de déclarer son activité ou son chiffre du mois. L'allocation est calculée sur ce que vous déclarez. Un mois oublié, c'est une allocation versée à tort, qu'il faudra rendre.
  • Déclarer un montant de mémoire. L'Unédic demande vos revenus selon le périmètre retenu pour l'impôt sur le revenu de votre activité, puis un justificatif. Partez de vos encaissements réels et gardez vos déclarations Urssaf : un chiffre « à peu près » aujourd'hui devient un écart à expliquer demain.
  • Laisser filer les 60 jours de l'ACRE. Sans ACRE, pas d'ARCE.
  • Signer un CDI à temps plein avant le second versement de l'ARCE. La seconde moitié n'est alors pas versée, hors cas des Scop.
  • Oublier l'impôt. L'ARE perçue en plus des revenus d'activité est imposable, dans les traitements et salaires, et supporte la CSG et la CRDS (F36613). L'ARCE aussi : elle entre dans l'assiette de la CSG et de la CRDS et se déclare dans les traitements et salaires (circulaire Unédic n° 2025-03). Prévoyez-le dans votre trésorerie.

Le trop-perçu. Si France Travail vous a versé trop, il vous le réclame. Lorsque vous ne contestez pas le caractère indu, il peut le récupérer par retenues sur vos allocations à venir, dans une limite fixée par décret, sauf si vous choisissez de rembourser en une fois (article L. 5426-8-1 du code du travail). L'action en remboursement se prescrit par trois ans à compter du versement, et par dix ans en cas de fraude ou de fausse déclaration (L. 5422-5). Vous contestez le montant ? Répondez par écrit, chiffres et justificatifs à l'appui, sans attendre.

7. Le tableau comparatif ARE / ARCE à remplir

Remplissez-le avec les chiffres de votre notification et votre prévisionnel, puis apportez-le au rendez-vous avec votre conseiller France Travail. Vous le retrouvez dans le document Word offert avec ce guide.

1. Mes données de départ

Allocation journalière : [… €] · ARE mensuelle (× 30) : [… €] · Ancien salaire brut mensuel : [… €]

Date de fin de mon contrat de travail : [date] (avant ou après le 1er avril 2025) · Date de création prévue : [date]

Jours de droits restants à la création : [… jours] · Soit en euros (jours × allocation journalière) : [… €]

Activité : [vente 71 % / services commerciaux ou artisanaux 50 % / libéral 34 %] · Abattement retenu : [… %]

2. Option A : garder l'ARE, mois par mois

Pour chaque mois : revenu retenu = chiffre d'affaires × (1 − abattement) ; jours payés = (ARE mensuelle − revenu retenu × 0,70) ÷ allocation journalière, arrondi ; allocation = jours × allocation journalière.

Mois 1 : CA [… €] · revenu retenu [… €] · jours […] · allocation [… €] · CA + allocation [… €]

Mois 2 : CA [… €] · revenu retenu [… €] · jours […] · allocation [… €] · CA + allocation [… €]

Mois 3 : CA [… €] · revenu retenu [… €] · jours […] · allocation [… €] · CA + allocation [… €]

Mois 4 à 6 (par mois) : CA [… €] · revenu retenu [… €] · jours […] · allocation [… €] · CA + allocation [… €]

Mois 7 à 12 (par mois) : CA [… €] · revenu retenu [… €] · jours […] · allocation [… €] · CA + allocation [… €]

Contrôle du plafond : revenu retenu + allocation reste-t-il sous mon ancien salaire brut ? [oui / non, mois concernés]

Plafond de 60 % (contrat terminé depuis le 1er avril 2025) : jours restants × 0,60 = [… jours], soit [… €], atteint vers le mois […]

Total brut de l'option A sur 12 mois : [… €]

3. Option B : prendre l'ARCE

Droits restants en euros × 0,60 = [… €] · moins 3 % (retraites complémentaires) = [… €]

Premier versement (au démarrage) : [… €] le [date] · Second versement (six mois après) : [… €] le [date]

ACRE demandée le [date], dans les 60 jours de l'ouverture de l'activité · Accord reçu le [date]

Reliquat si l'activité s'arrête après le second versement : 40 % des droits = [… jours, … €], après un différé de [… jours, comptés depuis le second versement, à confirmer par France Travail]

4. La comparaison, critère par critère

Total brut sur 12 mois : option A [… €] · option B [… €]

Argent disponible le premier mois : option A [… €] · option B [… €]

Dépenses de démarrage à financer : [matériel, véhicule, stock : … €] · Revenu minimum pour vivre chaque mois : [… €]

Trimestres de retraite : option A, périodes assimilées · option B, aucun · Importance pour moi : [faible / forte, trimestres manquants : …]

Risque de CDI à temps plein dans les six mois : [oui / non] · Risque d'arrêt de l'activité dans l'année : [faible / moyen / fort]

5. Ma décision et mes démarches

Je choisis : [garder l'ARE / prendre l'ARCE], parce que [raison principale].

Clause de non-concurrence de mon ancien contrat vérifiée · Projet de création déclaré à France Travail le [date]

Immatriculation le [date] · ACRE demandée le [date] (au plus tard 60 jours après l'ouverture)

Option A : chiffre d'affaires déclaré à France Travail chaque mois, justificatifs envoyés · Option B : demande d'ARCE déposée le [date], avec le justificatif d'immatriculation

Impôt et CSG sur l'ARE ou l'ARCE prévus dans ma trésorerie · Calcul confirmé par mon conseiller France Travail le [date]

8. Questions fréquentes

Un auto-entrepreneur a-t-il droit au chômage ?

L'activité de micro-entrepreneur n'ouvre pas l'ARE, qui vient d'un emploi salarié perdu. Si vous aviez des droits au moment de créer, vous les gardez, en maintien mensuel ou en ARCE. Si l'activité s'arrête sans droits restants, l'ATI peut prendre le relais, sous des conditions strictes (partie 5).

Peut-on cumuler l'ACRE et l'ARCE ?

Oui, et c'est même obligatoire : l'ARCE suppose d'avoir obtenu l'ACRE. L'ACRE allège vos cotisations, l'ARCE verse une partie de vos allocations en capital. L'ACRE se demande à l'Urssaf, l'ARCE à France Travail.

Quand arrive le deuxième versement de l'ARCE ?

Six mois après le premier, si l'activité existe toujours et si vous n'occupez pas un CDI à temps plein (sauf créateurs de Scop depuis le 1er septembre 2026). France Travail peut vous demander une attestation sur l'honneur ou tout autre justificatif.

Mon chiffre d'affaires est nul ce mois-ci : je touche toute mon allocation ?

Oui, pour les jours du mois, puisqu'il n'y a rien à déduire. Mais ces jours comptent dans le plafond de 60 % si votre contrat de travail a pris fin depuis le 1er avril 2025. Plafond atteint sans aucun revenu d'activité ? Pensez à l'instance paritaire régionale, dans les six mois.

Peut-on changer d'avis après avoir choisi ?

Les pages officielles lues pour ce guide ne prévoient pas de passer de l'ARCE au maintien mensuel, ni l'inverse, en cours de route. Posez la question à votre conseiller avant de signer la demande d'ARCE, pas après.

Créer en sortant du salariat, c'est plus simple à plusieurs

Le calcul des droits se fait avec France Travail. Le reste, trouver ses premiers clients, fixer ses prix, tenir les premiers mois, se fait mieux en parlant avec ceux qui l'ont fait avant vous. La CCI, la CMA, les réseaux d'accompagnement à la création et les pépinières vous y aident.

Réseau Actif, association loi 1901 à but non lucratif du Pays de Fayence, réunit des entrepreneurs de tous les secteurs pour s'entraider : rompre l'isolement, partager son expérience, apprendre des autres. Ses guides sont gratuits et ouverts à tous, adhérents ou non.

Pour nous rencontrer : reseauactif.fr

Sources. Entreprendre Service Public (DILA) : « Peut-on créer une entreprise et continuer à percevoir des allocations chômage ? », vérifiée le 29 septembre 2026 ; « Aide à la reprise ou à la création d'entreprise (Arce) », vérifiée le 13 août 2026 ; « Aide à la création ou à la reprise d'une entreprise (Acre) », vérifiée le 1er juillet 2026 ; pages lues le 16 octobre 2026 · Unédic : « Je veux créer mon entreprise, comment l'Assurance chômage peut-elle m'aider ? », datée du 1er avril 2025 ; fiche thématique « Cumul ARE-rémunération », avril 2025 ; « Assurance chômage : qu'est-ce qui change au 1er avril » (2025) ; « Assurance chômage : ce qui change le 1er septembre 2026 », 31 août 2026 ; circulaire n° 2025-03 du 1er avril 2025, fiche 8 ; lues le 16 octobre 2026 · Code du travail, articles L. 5422-5, L. 5424-24 à L. 5424-29, L. 5426-8-1, R. 5424-70 à R. 5424-73, D. 5424-74 et D. 5424-75, version à jour du 8 octobre 2026 (codes.droit.org), consultés le 16 octobre 2026. Avertissement. Ce guide ne constitue pas un conseil juridique ou social. Les exemples sont fictifs, les montants bruts et indicatifs ; seul France Travail calcule et fixe vos droits. Réseau Actif n'est pas un service de l'administration et ne fournit aucun document officiel. Version. Document établi le 16 octobre 2026 par Réseau Actif.


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