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Contrefaçon : ce qui est protégé (droit d'auteur, marque, dessins et modèles, brevet), les preuves de création, la saisie-contrefaçon, la mise en demeure, le civil et le pénal, les délais, la douane, et que faire si l'on vous accuse.
Télécharger (PDF) Version à remplir (DOCX)La contrefaçon est l'utilisation sans autorisation d'un droit de propriété intellectuelle : reproduire une œuvre, utiliser une marque, fabriquer ou vendre un dessin, un modèle ou une invention protégés. Le droit d'auteur naît de la seule création, sans dépôt ; la marque (10 ans renouvelables), le dessin ou modèle (5 ans, jusqu'à 25) et le brevet n'existent que par un enregistrement. Pour dater une création, l'e-Soleau de l'INPI coûte 15 € jusqu'à 50 Mo, pour 5 ans. Face à une copie, figez les preuves (captures, achat-test, constat de commissaire de justice), puis envoyez une mise en demeure. La saisie-contrefaçon, autorisée par le juge, doit être suivie d'une action dans les 20 jours ouvrabl
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Définition. La contrefaçon, c'est utiliser sans autorisation un droit de propriété intellectuelle : reproduire une œuvre, apposer une marque, fabriquer ou vendre un dessin, un modèle ou une invention protégés. Elle engage la responsabilité civile de son auteur et peut être un délit.
Ce qui est protégé. Le droit d'auteur naît de la création, sans dépôt. La marque, les dessins et modèles et le brevet n'existent que par un enregistrement.
Si on vous copie. Rassemblez des preuves datées, faites constater par un commissaire de justice, envoyez une mise en demeure, puis agissez au civil ou au pénal avec un avocat, dans les cinq ans. Si on vous accuse. Ne signez rien, vérifiez le titre invoqué et répondez par écrit dans le délai.
Chaque droit a sa naissance, sa durée et ses limites. Un copieur peut être en faute pour l'un et pas pour l'autre.
| Droit | Comment il naît | Durée |
|---|---|---|
| Droit d'auteur : une œuvre de l'esprit (texte, photo, illustration, logo, création de mode, objet d'art appliqué) | Du seul fait de la création, même inachevée, sans dépôt ni divulgation (CPI, L. 111-1 et L. 111-2) | Toute la vie de l'auteur, puis 70 ans après l'année de son décès (L. 123-1) |
| Marque : un signe qui distingue vos produits ou services | Par l'enregistrement, à compter de la date de dépôt (L. 712-1) | 10 ans, renouvelables sans limite (L. 712-1) |
| Dessin ou modèle : l'apparence d'un produit (lignes, contours, couleurs, forme, texture, matériaux) | Par l'enregistrement (L. 511-9), s'il est nouveau et présente un caractère propre (L. 511-2) | 5 ans, prorogeables par périodes de 5 ans jusqu'à 25 ans (L. 513-1) |
| Brevet : une invention technique nouvelle et inventive | Par un titre délivré par l'INPI (L. 611-1) ; les créations esthétiques en sont exclues (L. 611-10) | 20 ans, si les annuités sont payées chaque année (INPI) |
Le droit d'auteur protège large. Le code vise « toutes les œuvres de l'esprit, quels qu'en soient le genre, la forme d'expression, le mérite ou la destination » (L. 112-1), y compris les arts appliqués, les œuvres graphiques et la mode (L. 112-2). Un motif de céramique, un bijou, un patron de vêtement peuvent en relever, s'ils sont originaux, c'est-à-dire marqués par les choix personnels de leur auteur. Le mérite, lui, n'entre pas en compte : le droit d'auteur ne fait pas de critique d'art. Ce sont les juges qui tranchent, au cas par cas.
Un dépôt ne remplace pas l'autre. Avec le droit d'auteur, vous devrez prouver que la création est de vous, et d'avant. Un dessin ou modèle enregistré donne une date certaine et un titre à brandir. Déjà montré au public ? Le code laisse douze mois pour le déposer : votre propre divulgation dans ce délai n'est pas prise en compte (L. 511-6). Pour un nom ou un logo qui signe vos produits, c'est la marque : voir le guide Déposer une marque à l'INPI et, pour le nom de l'entreprise et l'enseigne, Dénomination sociale, nom commercial, enseigne.
Payer un graphiste ne vous rend pas titulaire des droits d'auteur sur le logo : le contrat de prestation passé par l'auteur ne déroge pas à son droit (L. 111-1). Acheter l'objet ne transfère pas davantage les droits (L. 111-3). Une cession n'est valable que si chaque droit cédé est mentionné et si son étendue, sa destination, le lieu et la durée sont délimités (L. 131-3). Prévoyez-la dès la commande : voir le guide Cahier des charges.
Ombeline crée une ligne de bols au décor de feuilles d'olivier peintes à la main. Elle n'a rien déposé. Son décor est protégé par le droit d'auteur dès sa création, si les juges le reconnaissent original. Pour la forme des bols, un dépôt de dessin ou modèle reste possible : elle les montre au public depuis quatre mois, elle est encore dans les douze mois. Et puisque son nom d'atelier est imprimé sur chaque carton, elle regarde aussi du côté de la marque.
Dans un litige de droit d'auteur, la question n'est presque jamais « est-ce joli ? », mais « qui l'a fait en premier, et comment le prouvez-vous ? ». Les preuves se fabriquent en temps de paix.
Signez et publiez sous votre nom. La qualité d'auteur appartient, sauf preuve contraire, à celui sous le nom de qui l'œuvre est divulguée (L. 113-1). Une signature, un nom d'atelier, une mention « © » suivie de votre nom et de l'année sur votre site et vos catalogues ne coûtent rien et parlent pour vous.
Le dépôt e-Soleau à l'INPI. Il constitue une preuve de création à une date précise. Il coûte 15 € jusqu'à 50 Mo, puis 10 € par tranche de 50 Mo supplémentaires, pour une conservation de 5 ans, prorogeable pour atteindre 10, 15 ou 20 ans (INPI). Notez l'échéance : une fois la période écoulée, la prorogation n'est plus possible (INPI). L'e-Soleau prouve une date ; elle ne crée aucun droit.
Le constat d'un commissaire de justice. Ce professionnel a remplacé l'huissier de justice le 1er juillet 2022 (service-public.gouv.fr). Il décrit et date, dans un constat, vos créations, vos fichiers ou votre site à un instant donné. C'est plus cher qu'une e-Soleau, mais utile pour une collection importante.
L'horodatage et les archives. Un service d'horodatage électronique atteste qu'un fichier existait à une date ; sa force dépend du prestataire. Ajoutez vos propres traces : croquis datés, fichiers sources, factures de matière, courriels avec vos clients, publications. Le code civil donne à l'écrit électronique la même force probante que le papier, s'il identifie son auteur et garde son intégrité (article 1366).
La meilleure preuve reste celle qu'on n'a pas besoin de chercher le jour J : un dossier par création, avec sa date. Le copieur, lui, a rarement gardé ses brouillons.
Premier réflexe : ne prévenez pas le copieur avant d'avoir figé les preuves. Une page web se modifie en une minute, un stock se déplace en une nuit.
La saisie-contrefaçon. Pour aller plus loin, le juge civil compétent peut autoriser, sur requête et sans prévenir l'autre partie, un commissaire de justice à décrire en détail les produits suspects, à prélever des échantillons ou à les saisir, ainsi que les documents qui s'y rapportent (L. 332-1 pour le droit d'auteur, L. 521-4 pour les dessins et modèles, L. 716-4-7 pour les marques, L. 615-5 pour les brevets). C'est l'outil le plus efficace pour prouver l'origine et l'étendue d'une copie. Il passe par un avocat, et le juge peut exiger de vous une garantie financière au cas où la saisie serait injustifiée.
Après une saisie-contrefaçon, vous avez 20 jours ouvrables, ou 31 jours civils si ce délai est plus long, pour engager l'action au fond, au civil ou au pénal. En droit d'auteur seulement, une plainte déposée auprès du procureur de la République suffit aussi (L. 332-3). Le délai court du jour de la saisie ou de la description (R. 332-2, R. 521-4, R. 615-6, R. 716-18). Passé ce délai, la saisie entière, description comprise, est annulée à la demande du saisi, sans qu'il ait à se justifier, et il peut réclamer des dommages et intérêts (L. 332-3, L. 521-4, L. 615-5, L. 716-4-7).
Preuves en main, l'INPI conseille de tenter une négociation : un procès est long, coûteux, et son issue incertaine. Mettez le contrefacteur en demeure de cesser et, le cas échéant, de vous indemniser. Vous pouvez aussi lui proposer une licence, c'est-à-dire une autorisation payante, par un contrat écrit et signé des deux parties (INPI).
La lettre décrit vos droits, la copie constatée, ce que vous exigez (retrait, arrêt des ventes, rappel du stock, informations sur le fournisseur, indemnité) et un délai. Le modèle du § 10 est fait pour cela ; pour les règles générales, voir le guide Lettre de mise en demeure.
Restez factuel. Accuser quelqu'un sur les réseaux sociaux avant toute décision peut se retourner contre vous. Une lettre recommandée ne fait pas de bruit et laisse une trace.
Un client signale à Ombeline une boutique en ligne qui vend des bols au même décor. Elle fait des captures, commande deux bols avec facture, puis fait dresser un constat sur le site. Sa mise en demeure exige le retrait des annonces sous huit jours, le nom du fabricant et l'état des ventes. Le vendeur retire tout et s'engage par écrit. Elle garde le dossier : l'action reste possible pendant cinq ans.
Pour agir au civil ou au pénal, il faut un avocat (INPI). Les deux voies peuvent être cumulées.
Au civil. Seuls certains tribunaux judiciaires spécialisés sont compétents (L. 331-1, L. 521-3-1, L. 716-5). Comptez en moyenne 2 à 3 ans, davantage en cas d'appel (INPI). En urgence, le juge des référés peut interdire la poursuite des actes ou ordonner la saisie des produits (L. 716-4-6 pour les marques).
Pour les dommages et intérêts, le juge prend en compte séparément votre manque à gagner et vos pertes, votre préjudice moral et les bénéfices du contrefacteur. À votre demande, il peut plutôt allouer une somme forfaitaire, supérieure aux redevances qu'une autorisation aurait coûté (L. 331-1-3, L. 716-4-10).
Au pénal. Vous déposez plainte à la gendarmerie, au commissariat ou auprès du procureur de la République, et vous pouvez vous constituer partie civile. La procédure est alors conduite par la justice, et un accord entre vous ne l'arrête pas forcément. L'INPI la recommande surtout pour les gros volumes, les réseaux ou les produits dangereux. Les peines maximales prévues par le code de la propriété intellectuelle :
| Atteinte | Peine encourue |
|---|---|
| Droit d'auteur : reproduction, diffusion, vente, importation ou exportation d'une œuvre contrefaisante | 3 ans d'emprisonnement et 300 000 € d'amende ; 7 ans et 750 000 € en bande organisée (L. 335-2, L. 335-3) |
| Marque : détenir sans motif légitime, offrir à la vente ou vendre des marchandises sous une marque contrefaisante, reproduire ou imiter une marque | 3 ans et 300 000 € (L. 716-10) |
| Marque : importer, exporter ou produire industriellement ces marchandises en vue de les vendre | 4 ans et 400 000 € (L. 716-9) |
| Marque, dessin ou modèle, brevet : faits commis en bande organisée, sur un réseau de communication au public en ligne, ou sur des marchandises dangereuses | 7 ans et 750 000 € (L. 716-9, L. 716-10, L. 521-10, L. 615-14) |
| Dessin ou modèle, brevet : atteinte portée sciemment | 3 ans et 300 000 € (L. 521-10, L. 615-14) |
Pour une société, l'amende maximale est multipliée par cinq (code pénal, article 131-38). Le tribunal peut aussi ordonner la fermeture de l'établissement pour cinq ans au plus (L. 335-5, L. 521-10), le retrait des produits et la publication du jugement (L. 335-6, L. 716-13). Vendre un faux en ligne n'est donc pas un détail : c'est une circonstance aggravante.
| Action | Délai |
|---|---|
| Action civile (marque, dessin ou modèle, brevet) | 5 ans à compter du jour où le titulaire a connu ou aurait dû connaître le dernier fait lui permettant d'agir (L. 716-4-2, L. 521-3, L. 615-8) |
| Action civile (droit d'auteur) | 5 ans à compter du jour où le titulaire a connu ou aurait dû connaître les faits, règle générale du code civil (article 2224) |
| Action pénale (délit de contrefaçon) | 6 ans révolus à compter du jour où l'infraction a été commise (code de procédure pénale, article 8) |
| Marque contre marque | Le titulaire qui a toléré pendant 5 années consécutives, en connaissance de cause, l'usage d'une marque postérieure enregistrée ne peut plus agir en contrefaçon contre elle pour ces produits, sauf dépôt de mauvaise foi (L. 716-4-5) |
Fermer les yeux trop longtemps finit par coûter le droit d'agir. Notez dans votre agenda la date à laquelle vous avez découvert la copie.
Si vos produits sont copiés à l'étranger, ou risquent de l'être, déposez une demande d'intervention auprès de la douane. Elle est préventive : vous pouvez la faire avant toute copie constatée. Elle est gratuite, valable un an et renouvelable, au plus tard 30 jours avant son expiration (douane.gouv.fr). Elle couvre marques, dessins et modèles, droits d'auteur, brevets et indications géographiques, entre autres.
Un grossiste vous propose un lot de serviettes de plage brodées d'un logo connu, à un prix étonnamment doux. Vous les mettez en rayon. Trois semaines plus tard arrive une lettre du titulaire de la marque.
Au civil, la bonne foi ne vous met pas à l'abri. En marque comme en dessin ou modèle, toute atteinte au droit du titulaire est une contrefaçon qui engage la responsabilité civile de son auteur (L. 716-4, L. 521-1). Le code ne prévoit pas d'exception pour le revendeur qui ignorait tout. Vous pouvez donc devoir cesser les ventes et indemniser, même de bonne foi. Seul le brevet fait exception : le revendeur qui n'est pas le fabricant n'engage sa responsabilité que s'il a agi en connaissance de cause (L. 615-1).
Au pénal, l'intention compte. Il n'y a pas de délit sans intention de le commettre (code pénal, article 121-3). Celui qui a vendu de bonne foi n'est pas dans la même situation que celui qui savait. Mais on attend d'un professionnel qu'il connaisse ses fournisseurs : un prix anormalement bas ou un fournisseur sans adresse peuvent faire douter de cette bonne foi.
Votre recours contre le fournisseur. Le vendeur doit garantir l'acheteur contre l'« éviction », c'est-à-dire le trouble causé par un droit qu'un tiers fait valoir sur la chose vendue et qui ne vous a pas été déclaré (code civil, articles 1625 et 1626). Si elle joue : restitution du prix, frais et dommages et intérêts (article 1630). Trois réserves :
Votre avocat vous dira quel texte joue ; écrivez au fournisseur sans attendre. Un fournisseur introuvable, lui, offre une garantie surtout théorique.
Pour la douane, la bonne foi ne suffit pas : il faut des papiers. Toute personne qui détient ou transporte des marchandises contrefaisantes doit présenter, à première demande des agents, des factures d'achat ou d'autres justificatifs d'origine émanant d'entreprises établies dans l'Union européenne (code des douanes, article L. 232-1 ; l'arrêté d'application vise expressément les marchandises contrefaisantes, article A. 232-1).
L'obligation ne s'arrête pas quand le stock est vendu : celui qui a détenu, vendu ou cédé ces marchandises doit produire ces documents pendant trois ans à compter du moment où elles ont quitté ses mains (L. 232-2). Sans justificatif, les marchandises sont réputées importées en contrebande (L. 512-3), délit puni de trois ans d'emprisonnement et d'une amende de deux fois la valeur de l'objet de la fraude (L. 513-1 du code des douanes, en vigueur depuis le 1er mai 2026), avec la confiscation de la marchandise (L. 514-4).
En pratique : achetez sur facture, à des fournisseurs identifiés, et classez ces factures avec vos pièces comptables.
Félicien reçoit une mise en demeure : 40 serviettes vendues 25 € pièce porteraient une marque contrefaite. Le jour même, il retire les 60 restantes de la vente, les met de côté sans les détruire, et photographie l'étiquette. Il retrouve la facture du grossiste, établi en Italie, et ses échanges de courriels. Il répond par écrit, en recommandé : retrait effectué, stock tenu à disposition, facture du fournisseur jointe, demande d'un délai pour consulter un avocat. Le même jour, il écrit au grossiste pour lui signaler la réclamation et faire jouer sa garantie.
Une accusation n'est pas une condamnation. Avant de céder ou de contester, posez-vous ces questions, de préférence avec un avocat ou un conseil en propriété industrielle.
Ensuite, répondez par écrit avant la fin du délai fixé. Si vous suspendez l'usage, dites-le « sans reconnaissance de responsabilité ». Ne signez aucun engagement ni protocole d'indemnisation sans l'avoir fait relire. Et prévenez votre assureur de responsabilité civile professionnelle ou de protection juridique : selon le contrat, il prend parfois en charge la défense.
Si un commissaire de justice se présente avec une ordonnance de saisie-contrefaçon, il doit vous en remettre copie avant d'agir, et vous laisser copie du procès-verbal (R. 521-3, R. 716-17). Laissez-le faire, appelez un avocat, et notez la date : sans action au fond dans le délai du § 3, vous pourrez demander l'annulation de la saisie.
Une check-list à suivre dans l'ordre, puis une lettre à adapter.
1. Mes droits
Ma création identifiée : [désignation, date de création]
Le droit invoqué : [droit d'auteur / marque n° … / dessin ou modèle n° … / brevet n° …], en vigueur jusqu'au [date], pour [produits, territoire]
Mes preuves d'antériorité : [e-Soleau du …, constat du …, fichiers sources, croquis, factures, publications datées]
Si un graphiste ou un sous-traitant a participé : contrat de cession des droits retrouvé
2. La copie
Date à laquelle j'ai découvert la copie : [date] (le délai de cinq ans court au plus tard de là)
Captures datées, adresses complètes des pages : [liste]
Achat-test effectué le [date], facture et produit conservés
Constat de commissaire de justice demandé le [date]
Identité du copieur : [nom, SIREN, adresse, mentions légales du site] · fabricant ou fournisseur connu : […]
Ampleur estimée : [nombre de produits, prix, durée]
3. Les suites
Avocat ou conseil en propriété industrielle consulté le [date]
Mise en demeure envoyée le [date] en recommandé avec avis de réception ; date limite de réponse : [date]
Saisie-contrefaçon envisagée ? Si oui, action au fond dans les 20 jours ouvrables ou 31 jours civils
Produits importés : demande d'intervention en douane (numéro EORI, portail IPEP), à renouveler chaque année
Plateforme de vente prévenue par son formulaire de signalement
Plainte envisagée (gros volumes, réseau, produit dangereux) : délai de six ans à compter des faits
[Votre dénomination ou Prénom Nom (EI)] · [adresse] · SIREN [numéro]
[Destinataire : dénomination, adresse du siège]
[Lieu], le [date]
Lettre recommandée avec avis de réception
Objet : mise en demeure de cesser des actes de contrefaçon
[Madame, Monsieur],
Je suis [l'auteur / le titulaire] de [désignation de la création], [créée le … et protégée par le droit d'auteur, articles L. 111-1 et suivants du code de la propriété intellectuelle / enregistrée à l'INPI sous le n° … le …, pour les produits suivants : …].
J'ai constaté le [date] que vous [reproduisez / proposez à la vente / vendez / importez] [description des produits ou contenus en cause], notamment sur [adresse du site, boutique, salon]. Ces faits ont été [constatés par commissaire de justice le … / établis par l'achat du … dont la facture est jointe].
Je ne vous ai jamais autorisé à [reproduire cette création / utiliser cette marque]. Ces actes constituent une contrefaçon au sens de [l'article L. 122-4 / l'article L. 713-2 / l'article L. 513-4] du code de la propriété intellectuelle.
Par la présente, je vous mets en demeure, dans un délai de [huit / quinze] jours à compter de la réception de ce courrier :
· de cesser toute fabrication, offre, vente et diffusion des produits ou contenus en cause, et de retirer les annonces correspondantes ;
· de me communiquer le nom et l'adresse de votre fournisseur ou fabricant, ainsi que les quantités achetées et vendues ;
· [de me remettre le stock restant / de le détruire en me fournissant une attestation] ;
· de me faire une proposition d'indemnisation de mon préjudice [ou : de me verser la somme de … € à titre d'indemnité].
À défaut, je saisirai sans autre avis la juridiction compétente, par la voie civile ou pénale, pour faire cesser ces actes et obtenir réparation.
La présente lettre est envoyée sous réserve de tous mes droits. Je vous prie d'agréer, [Madame, Monsieur], l'expression de mes salutations distinguées.
[Signature] · Pièces jointes : [preuve de mes droits, captures datées, facture d'achat-test, constat]
Date de réception notée, délai de réponse calculé
Titre invoqué vérifié à l'INPI : numéro, date, renouvellement, produits, territoire
Marque de plus de cinq ans : preuve d'usage sérieux à demander
Produits en cause retirés de la vente et mis de côté, sans destruction
Factures du fournisseur retrouvées (à garder trois ans après la vente) ; fournisseur prévenu par écrit
Avocat ou conseil en propriété industrielle consulté ; assureur prévenu
Réponse écrite envoyée avant la date limite, « sans reconnaissance de responsabilité » ; aucun engagement signé sans relecture
Toute atteinte aux droits du titulaire d'une marque, d'un dessin ou modèle ou d'un brevet est une contrefaçon qui engage la responsabilité civile de son auteur (L. 716-4, L. 521-1, L. 615-1). En droit d'auteur, toute reproduction, représentation ou diffusion d'une œuvre en violation des droits de l'auteur est un délit de contrefaçon (L. 335-3).
À la gendarmerie, au commissariat ou par écrit au procureur de la République, avec vos preuves et vos titres, dans les six ans à compter des faits ; constituez-vous partie civile pour être indemnisé. Pour une simple copie entre petites entreprises, l'action civile, que vous maîtrisez, est souvent plus adaptée.
Non. Un signe similaire, pour des produits similaires, suffit s'il existe un risque de confusion pour le public (L. 713-2). Une marque de renommée est protégée au-delà de ses produits (L. 713-3).
Elle prouve une date, sans créer de droit : elle appuie un droit d'auteur, mais ne remplace pas un dépôt de marque ou de dessin et modèle.
Oui, pour un commerçant. Détenir sans motif légitime des marchandises sous une marque contrefaisante est un délit (L. 716-10), et la douane peut exiger les justificatifs d'origine (L. 232-1 du code des douanes).
Face à une copie, le plus dur est souvent de savoir par où commencer, et vers qui se tourner : avocat, conseil en propriété industrielle, commissaire de justice. Entre entrepreneurs, on se passe ces adresses, et on partage ce qui a marché quand un concurrent a franchi la ligne.
Réseau Actif, association loi 1901 à but non lucratif du Pays de Fayence, réunit des entrepreneurs de tous les secteurs pour s'entraider : rompre l'isolement, partager son expérience, apprendre des autres. Ses guides sont gratuits et ouverts à tous, adhérents ou non.
Pour nous rencontrer : reseauactif.fr
Sources. Code de la propriété intellectuelle, articles L. 111-1, L. 111-2, L. 111-3, L. 112-1, L. 112-2, L. 113-1, L. 122-4, L. 122-5, L. 123-1, L. 131-3, L. 331-1, L. 331-1-3, L. 332-1, L. 332-3, R. 332-2, L. 335-2, L. 335-3, L. 335-5, L. 335-6, L. 335-10, L. 511-1, L. 511-2, L. 511-6, L. 511-9, L. 513-1, L. 513-4, L. 513-5, L. 521-1, L. 521-3, L. 521-3-1, L. 521-4, R. 521-3, R. 521-4, L. 521-10, L. 521-14, L. 611-1, L. 611-10, L. 615-1, L. 615-5, L. 615-8, L. 615-14, R. 615-6, L. 712-1, L. 713-2, L. 713-3, L. 713-6, L. 716-4, L. 716-4-2, L. 716-4-3, L. 716-4-5, L. 716-4-6, L. 716-4-7, L. 716-4-10, L. 716-5, L. 716-8, L. 716-9, L. 716-10, L. 716-13, R. 716-17, R. 716-18, version à jour du 5 août 2026 (codes.droit.org) · code pénal, articles 121-3 et 131-38 (à jour du 26 août 2026) · code de procédure pénale, article 8 (à jour du 2 octobre 2026) · code civil, articles 1366, 1625, 1626, 1627, 1629, 1630, 1640 et 2224 (à jour du 29 juillet 2026) · code des douanes, articles L. 232-1, L. 232-2, L. 512-3, L. 513-1, L. 514-4 et A. 232-1, dans leur rédaction issue de l'ordonnance n° 2026-265 du 8 avril 2026, en vigueur depuis le 1er mai 2026 (à jour du 20 août 2026) ; codes consultés sur codes.droit.org le 16 octobre 2026 · convention des Nations unies sur les contrats de vente internationale de marchandises (Vienne, 11 avril 1980), articles 1, 42 et 43 (uncitral.un.org) ·INPI : « Déposer une e-Soleau ou un entiercement » (publiée le 14 janvier 2025), « Proroger une e-Soleau » (publiée le 18 février 2025), « Agir contre les contrefacteurs » (publiée le 20 janvier 2025) · douane.gouv.fr : « Déposer une demande d'intervention auprès des services douaniers », « Retenue de marchandises contrefaisantes » (mise à jour le 4 juin 2025) et « Infractions douanières en matière de contrefaçon » (mise à jour le 4 mai 2026) · service-public.gouv.fr : « Commissaire de justice » (vérifiée le 9 juillet 2025) ; pages lues le 16 octobre 2026. Avertissement. Ce guide ne constitue pas un conseil juridique. Le code de la propriété intellectuelle parle encore d'« huissiers » : depuis le 1er juillet 2022, ces missions sont exercées par les commissaires de justice. La fiche de la douane « Infractions douanières en matière de contrefaçon » (mise à jour le 4 mai 2026) cite encore une amende « entre une et deux fois » la valeur, reprise de l'ancien code ; le guide suit l'article L. 513-1 en vigueur.L'appréciation d'une contrefaçon (originalité, risque de confusion, impression d'ensemble) relève des juges ; faites-vous assister d'un avocat ou d'un conseil en propriété industrielle. Réseau Actif n'est pas un service de l'administration. Version. Document établi le 16 octobre 2026 par Réseau Actif.
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