Faire une facture, ça a l’air simple : un nom, un montant, une date. Et pourtant, la facture de l’auto-entrepreneur concentre une belle collection de petites erreurs. Aucune n’est dramatique seule ; ensemble, elles retardent un paiement, donnent un argument à un client de mauvaise foi, ou font sourire un contrôleur. Voici les six plus fréquentes, et comment les éviter une fois pour toutes.
1. Oublier la mention de TVA, ou l’écrire de travers
En franchise de TVA, ce qui est le cas de la plupart des micro-entrepreneurs, vous ne facturez pas de TVA et vous devez le dire sur chaque facture, avec la mention exacte : « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ». Pas « TVA non incluse », pas « exonéré de TVA ». Et ne vous laissez pas embarquer par les messages qui annoncent une nouvelle mention obligatoire en 2026 : les renvois au code général des impôts restent possibles sur les factures jusqu’au 30 juin 2028. Notre modèle de facture en franchise de TVA fait le point au caractère près.
2. Croire au seuil de 25 000 €
Ce chiffre a beaucoup circulé : il était prévu par la loi de finances pour 2025, puis il a été abandonné. Les seuils qui s’appliquent sont de 85 000 € pour les ventes de biens et l’hébergement, et de 37 500 € pour les autres prestations de services, avec un seuil majoré au-dessus (93 500 € et 41 250 €). La nuance compte : dépasser le premier seuil vous fait facturer la TVA à partir du 1er janvier suivant ; dépasser le seuil majoré, c’est tout de suite.
3. Oublier « EI » et le SIREN
Un entrepreneur individuel indique son nom et son prénom, précédés ou suivis de « Entrepreneur individuel » ou « EI », son adresse et son numéro SIREN. C’est ce qui permet à votre client de savoir à qui il a affaire. Sans ces mentions, la facture est incomplète, et c’est souvent le premier détail que remarque le service comptable d’un client un peu tatillon.
4. Numéroter à la main, au feeling
Chaque facture porte un numéro unique, pris dans une suite chronologique et continue, sans trou ni doublon. La facture 12 suivie de la 15, ou deux factures 12, et la belle régularité de votre comptabilité en prend un coup. Le plus sûr : un modèle ou un outil qui numérote pour vous.
5. Ne rien prévoir pour les retards
Pour un client professionnel, la facture doit indiquer la date d’échéance, le taux des pénalités de retard et l’indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement. Ces lignes ne servent à rien… jusqu’au jour où un client paie avec deux mois de retard. Ce jour-là, elles vous évitent de négocier ce qui aurait dû être écrit. Si la situation se tend, notre guide « Facture impayée : les lettres de relance et les étapes » vous accompagne pas à pas.
6. Corriger une facture en la modifiant
Une erreur de montant, une remise oubliée ? La tentation est grande d’ouvrir le fichier, de corriger et de renvoyer. Mauvaise idée : une facture émise ne se modifie pas et ne se supprime pas. Elle se corrige par une nouvelle facture qui y fait référence : une facture rectificative ou une facture d’avoir, selon le cas. Notre guide « Facture d’avoir » explique laquelle choisir, avec le modèle.
Et 2027 dans tout ça ?
La facture électronique arrive aussi pour les micro-entreprises : le 1er septembre 2027, quatre mentions deviennent obligatoires, dont le numéro SIREN de votre client et la nature de l’opération. Rien n’interdit de les ajouter dès maintenant : vous n’aurez plus à y penser le jour venu. La liste complète est dans notre fiche « Mentions obligatoires d’une facture », avec un modèle à remplir.
Le bon réflexe
Faites votre modèle une fois, vérifiez-le avec la liste à cocher, et ne le modifiez plus. Vous gagnerez du temps à chaque facture, et vous aurez la tête libre pour l’essentiel : trouver des clients. Pour ça aussi, mieux vaut ne pas rester seul : les rencontres de Réseau Actif sont faites pour ça.
Sources : Entreprendre Service Public, « Mentions obligatoires d’une facture » (F31808), vérifiée le 11 août 2026 ; article 293 B du code général des impôts ; loi n° 2025-1044 du 3 novembre 2025. Cet article ne constitue pas un conseil fiscal.