Bénévole dans une association : droits, frais, assurance

Publié le · par Réseau Actif · sources officielles citées

Bénévole dans une association : définition et risque de requalification, mineurs, assurance, remboursement ou abandon des frais avec reçu fiscal, barème kilométrique, congé d'engagement, compte d'engagement citoyen, chômage et RSA.

Télécharger (PDF) Version à remplir (DOCX)

PDF · 71 Ko · DOCX · 39 Ko · Gratuit, sans inscription et sans adresse e-mail à laisser

En bref

Un bénévole donne son temps à une association sans rémunération, en argent ou en nature, et sans lien de subordination : il peut arrêter quand il veut. Seuls ses frais réels et justifiés se remboursent ; un forfait ou des avantages exposent à une requalification en contrat de travail. S'il renonce par écrit au remboursement de frais engagés pour l'objet d'une association d'intérêt général, il reçoit un reçu fiscal et réduit son impôt de 66 % (article 200 du code général des impôts). Depuis les revenus 2022, ses trajets avec sa voiture s'évaluent au barème kilométrique des salariés, par exemple 0,636 € par km pour une 5 CV jusqu'à 5 000 km. L'association répond des dommages causés par ses bén

Le document en ligne

Le même texte que le PDF, à lire ici. Les modèles se remplissent plus facilement dans la version à télécharger.

La réponse courte

Un bénévole donne son temps à une association sans rémunération, en argent ou en nature, et sans lien de subordination : il reste libre d'arrêter quand il veut. Il peut être remboursé de ses frais réels et justifiés. Un forfait, des avantages ou des consignes d'employeur font courir un risque de requalification en contrat de travail, avec cotisations à la clé (Guide du bénévolat du ministère).

Le bénévole qui renonce au remboursement de frais engagés pour l'objet d'une association d'intérêt général fait un don : il reçoit un reçu fiscal et réduit son impôt de 66 % (article 200 du code général des impôts). Ses trajets avec sa propre voiture s'évaluent au barème kilométrique des salariés, par exemple 0,636 € par kilomètre pour une 5 CV jusqu'à 5 000 km.

Un salarié qui dirige une association ou encadre ses bénévoles a droit à six jours ouvrables par an de congé d'engagement associatif, non payés sauf accord (code du travail, L. 3142-54-1 et L. 3142-59). Tout dirigeant ou encadrant bénévole qui donne 200 heures dans l'année gagne 240 € de droits à la formation, dans la limite de 720 € (D. 5151-14). Un demandeur d'emploi ou un allocataire du RSA peut être bénévole, mais pas chez un ancien employeur (L. 5425-8).

1. Être bénévole : donner son temps, sans salaire ni ordres

Aucune loi ne définit le bénévole. Le ministère chargé de la vie associative retient celle du Conseil économique et social (avis du 24 février 1993) : « toute personne qui s'engage librement pour mener une action non salariée en direction d'autrui, en dehors de son temps professionnel et familial ».

Deux critères le séparent d'un salarié, selon le Guide du bénévolat 2024-2025 du ministère :

  • Pas de rémunération. Ni salaire, ni forfait, ni avantage en nature. Seuls les frais réellement engagés peuvent être remboursés.
  • Pas de lien de subordination juridique. L'association ne donne pas d'ordres sous peine de sanction. Le bénévole peut partir à tout moment, sans préavis ni indemnité. Il respecte en revanche les statuts et les règles de sécurité de l'activité.

Le fisc dit la même chose en d'autres mots : le bénévolat, c'est participer à l'animation et au fonctionnement de l'association « sans contrepartie ni aucune rémunération sous quelque forme que ce soit, en espèces ou en nature », hormis le remboursement des dépenses réelles et justifiées (BOI-IR-RICI-250-20, § 180).

Le risque : la requalification en contrat de travail

Une « indemnité » forfaitaire, un prêt sans intérêt, un avantage pour le bénévole ou un proche : tout cela peut être analysé comme une rémunération. Ajoutez des horaires imposés et des reproches d'employeur, et la relation ressemble à un contrat de travail. Le ministère énumère les conséquences : requalification, charges sociales dues par l'association, imposition du « bénévole », impôts commerciaux. Faire travailler quelqu'un sans le déclarer, c'est du travail dissimulé (code du travail, L. 8221-5), puni de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 € d'amende (L. 8224-1).

Ce qui reste possible. Rembourser des frais sur justificatifs (partie 4). Remettre des chèques-repas à des bénévoles réguliers, si l'assemblée générale en a adopté le principe, l'association en finançant toute la valeur, dans un plafond revu chaque 1er janvier (décret n° 2006-1206 du 29 septembre 2006, selon associations.gouv.fr). Et remercier, ce qui ne coûte rien et se pratique trop peu.

2. Mineurs : bénévoles possibles, dirigeants avec un cadre

Un mineur peut adhérer à une association si ses statuts le permettent, y participer et voter en assemblée générale (article 2 bis de la loi du 1er juillet 1901, tel que le présente associations.gouv.fr). Pour diriger, l'âge compte :

  • moins de 16 ans : il lui faut l'autorisation écrite préalable de ses parents pour créer ou administrer une association ;
  • à partir de 16 ans : il peut être élu à l'instance de direction sans autorisation ; un membre de cette instance informe alors chacun de ses représentants légaux par écrit (décret n° 2017-1057 du 9 mai 2017).

Élu, il peut accomplir les actes d'administration (louer du matériel, convoquer une assemblée), pas les actes de disposition comme un emprunt ou l'achat d'un local. Les missions publiées sur la plateforme publique JeVeuxAider.gouv.fr sont ouvertes à partir de 16 ans.

Côté responsables : une association qui organise l'accueil de mineurs doit être assurée en responsabilité civile, et celle qui fait transporter des mineurs dans les voitures de ses bénévoles vérifie que leur contrat d'assurance couvre cet usage (service-public.gouv.fr). Pour un bénévole mineur, gardez l'accord écrit des parents avec la charte signée.

3. Assurance : l'association répond de ses bénévoles, pas toujours de leurs blessures

Le bénévole cause un dommage. S'il agissait pour le compte de l'association, c'est elle qui répond envers la victime, au titre de la responsabilité du fait d'autrui (code civil, article 1242). Il ne répond seul que d'une faute personnelle, commise pour son propre compte (associations.gouv.fr).

Le bénévole est blessé. Les tribunaux voient entre l'association et son bénévole une « convention d'assistance tacite » qui oblige l'association à assurer sa sécurité et à l'indemniser (Cour de cassation, 1re chambre civile, 10 octobre 1995, n° 93-19142, cité par associations.gouv.fr). Elle ne s'en libère qu'en prouvant une force majeure, le fait d'un tiers ou une faute du bénévole. Le bénévole blessé à la buvette, au début de ce guide, se tourne donc d'abord vers l'association et son assureur.

Une assurance n'est pas toujours obligatoire, mais presque toujours nécessaire

La loi impose une assurance de responsabilité civile notamment aux associations sportives, à celles qui organisent des voyages, l'accueil de mineurs ou des soins (service-public.gouv.fr, fiche « Assurance des associations »). Pour les autres, elle reste fortement recommandée. Point à vérifier dans le contrat : la responsabilité civile couvre les dommages causés à autrui par les bénévoles, pas toujours les blessures des bénévoles eux-mêmes. Une garantie « individuelle accident » comble ce trou. Signalez aussi à l'assureur toute manifestation exceptionnelle.

  • Accidents du travail, en option. Une association d'intérêt général peut souscrire auprès de la CPAM une assurance volontaire accidents du travail et maladies professionnelles pour ses bénévoles ; les cotisations sont à sa charge et les droits ne courent qu'une fois payées (code de la sécurité sociale, L. 743-2). Seuls font exception les bénévoles élus ou désignés dans des organismes à objet social créés par une loi ou un règlement, couverts d'office (L. 412-8, 6°, et D. 412-78) : une association de quartier ou un club n'en font pas partie.
  • La voiture du bénévole. C'est à lui de l'assurer. Son contrat de particulier couvre en général un usage associatif occasionnel ; un usage régulier se déclare à l'assureur, et le vol dans le véhicule n'est pas couvert. L'association peut ajouter une garantie « auto-mission », qui suppose la liste des véhicules et les justificatifs des indemnités kilométriques (fiche F1125).
  • Pas de protection sociale du seul fait du bénévolat : ni maladie, ni retraite (associations.gouv.fr).

4. Les frais : remboursés sur justificatifs, ou abandonnés contre un reçu fiscal

Le bénévole qui paie de sa poche pour l'association (trajets, péages, fournitures, timbres) a deux options. Elles ne se cumulent pas sur la même dépense.

Option A : se faire rembourser

L'association rembourse des frais réels (la mission a eu lieu), justifiés (facture, ticket, relevé des kilomètres) et proportionnés à l'activité. Dans ces conditions, le remboursement n'est pas imposable pour le bénévole (associations.gouv.fr). Un remboursement forfaitaire n'est admis que lorsqu'il colle aux frais réels, ce qui est le cas des indemnités kilométriques au barème fiscal. Le trésorier, lui, aime les justificatifs comme d'autres collectionnent les cartes postales. Pour la forme, voir notre Modèle de note de frais.

Option B : renoncer au remboursement, et déduire 66 % de son impôt

Les frais abandonnés deviennent un don. Quatre conditions, posées par l'article 200 du code général des impôts et détaillées par le Bofip (BOI-IR-RICI-250-20, § 170 à 240) :

  • des frais engagés dans le cadre d'une activité bénévole, sans aucune contrepartie, et strictement pour l'objet social de l'association ;
  • une association d'intérêt général au sens de l'article 200 : philanthropique, éducative, sociale, sportive, culturelle, familiale, environnementale… ;
  • des frais dûment justifiés et constatés dans les comptes de l'association, chaque pièce indiquant l'objet de la dépense ou du trajet ;
  • une renonciation expresse, par exemple cette mention sur la note de frais : « Je soussigné (nom et prénom) certifie renoncer au remboursement des frais ci-dessus et les laisser à l'association en tant que don ».

L'association garde les justificatifs et la renonciation dans sa comptabilité, puis délivre un reçu fiscal conforme au modèle officiel : voir notre guide Reçu fiscal pour un don à une association. La réduction d'impôt est de 66 % dans la limite de 20 % du revenu imposable ; elle est de 75 % jusqu'à 2 000 € pour un organisme qui aide gratuitement des personnes en difficulté (repas, soins, logement) ou des victimes de violences domestiques (article 200, 1 et 1 ter). Elle n'intéresse que les bénévoles imposables (service-public.gouv.fr).

Attention, un joueur qui paie ses déplacements pour pratiquer son sport n'est pas bénévole au sens fiscal : sa participation a pour contrepartie l'accès au sport. Ses frais n'ouvrent pas droit à la réduction, même abandonnés (associations.gouv.fr).

Les trajets en voiture : le barème des salariés

Le bénévole propriétaire de sa voiture, de sa moto ou de son scooter peut évaluer ses trajets au barème kilométrique forfaitaire des salariés (article 200, 1, renvoyant à l'article 83). C'est une faculté : des frais réels justifiés restent possibles. Il doit quand même prouver la réalité et le nombre des déplacements : date, trajet, motif, kilomètres. Barème publié en avril 2026 pour les revenus de 2025, inchangé depuis 2023 :

Voiture, puissance administrativeJusqu'à 5 000 km
3 CV et moinsd × 0,529 €
4 CVd × 0,606 €
5 CVd × 0,636 €
6 CVd × 0,665 €
7 CV et plusd × 0,697 €

d = distance parcourue. De 5 001 à 20 000 km et au-delà, les formules changent ; motos et cyclomoteurs ont leur propre barème. Voiture 100 % électrique : + 20 %. Source : service-public.gouv.fr, « Frais professionnels : les barèmes kilométriques 2026 sont disponibles », 9 avril 2026. Le barème complet et le calcul pas à pas : notre guide Frais kilométriques. Pour les trajets de 2026, vérifiez au printemps 2027 si le barème a été revalorisé.

Exemple fictif : Hortense, ébéniste à Cotignac, trésorière d'une association de sauvegarde du patrimoine

En 2025, Hortense a fait 1 200 km avec sa voiture de 5 CV pour les chantiers de restauration de la chapelle, et acheté 36,80 € de fournitures, tickets à l'appui. Au barème : 1 200 × 0,636 = 763,20 €, soit 800 € de frais au total. Elle signe la renonciation, le bureau inscrit les frais dans les comptes et l'association, d'intérêt général, lui remet un reçu de 800 €. Sa réduction d'impôt : 800 × 66 % = 528 €. Calcul indicatif : seule l'administration fiscale fixe l'impôt.

Le détail qui change tout

Cherchez « barème kilométrique bénévoles » et vous tomberez souvent sur un tarif unique d'environ 0,30 € par kilomètre, quelle que soit la voiture. Le Bofip lui-même affiche encore un barème « bénévoles » de 0,304 € par kilomètre, chiffré pour 2011 (BOI-IR-RICI-250-20, § 220, version en vigueur depuis 2012). Ce barème spécial est périmé. La loi de finances rectificative du 16 août 2022 (article 21) l'a remplacé par celui des salariés, « à compter des revenus 2022 », comme l'a confirmé le Gouvernement en réponse à une question écrite de l'Assemblée nationale (n° 4137). L'article 200 du code général des impôts en vigueur le dit en toutes lettres ; le ministère de la vie associative aussi.

Pour Hortense, l'écart est net : 1 200 × 0,304 = 364,80 € à l'ancien tarif, contre 763,20 € au barème en vigueur. Trésoriers, vérifiez le barème de vos notes de frais avant d'établir les reçus : c'est le texte de loi en vigueur qui compte, pas la page la plus visible.

5. Salarié et bénévole : six jours de congé d'engagement par an

Un salarié du privé peut demander chaque année, sans condition d'âge, un congé d'engagement associatif (code du travail, L. 3142-54-1) s'il siège bénévolement au conseil d'administration ou au bureau d'une association, ou s'il y exerce des fonctions de direction ou d'encadrement de bénévoles. L'association doit être déclarée depuis un an au moins et toutes ses activités doivent entrer dans le champ de l'article 200 du code général des impôts. Certaines pages officielles parlent encore de trois ans : c'était la règle avant la loi du 15 avril 2024.

  • Durée : six jours ouvrables par an au plus, fractionnables en demi-journées, sauf accord d'entreprise ou de branche plus favorable (L. 3142-54-1 et L. 3142-59).
  • Salaire : le congé n'est pas payé, sauf si un accord prévoit le maintien de la rémunération (L. 3142-58-1). Il ne se prend pas sur les congés payés et compte comme du travail effectif pour les droits du salarié (L. 3142-55).
  • Demande : par écrit, avec le nom de l'association, les dates, la durée et le rôle exercé, au moins trente jours avant selon le ministère chargé de la vie associative. Une demande un mois avant évite tout débat.
  • Refus : l'employeur peut refuser ou reporter pour des impératifs de service, en donnant ses raisons (service-public.gouv.fr). Il le peut aussi quand le quota de l'année est atteint : sans accord collectif, un salarié par an dans un établissement de moins de 50 salariés. Le salarié peut contester devant le conseil de prud'hommes (L. 3142-57).

Le délai de trente jours et le quota viennent de textes écrits pour le congé de formation d'animateurs (D. 3142-43 et R. 3142-44), que le ministère applique au congé d'engagement. Un accord d'entreprise ou de branche peut prévoir autre chose (L. 3142-58).

Exemple fictif : Hadrien, salarié d'une entreprise de plomberie à La Seyne-sur-Mer, président d'un club de handball

Le club, déclaré depuis dix ans, a une activité sportive d'intérêt général. Hadrien demande par écrit, un mois avant, deux jours pour préparer l'assemblée générale et accueillir un tournoi régional. Son patron, qui emploie huit salariés et n'a aucun accord sur le sujet, accepte : ces deux jours ne sont pas payés, mais ils ne lui retirent ni congés payés ni ancienneté. S'il les avait refusés, il aurait dû dire pourquoi.

6. Le compte d'engagement citoyen : 240 € de formation pour 200 heures

Le compte d'engagement citoyen recense les activités bénévoles et permet d'acquérir des droits sur le compte personnel de formation (L. 5151-7). Pour le bénévolat associatif, trois conditions (L. 5151-9, 6°, et D. 5151-14) :

  • siéger à l'instance de direction de l'association ou encadrer d'autres bénévoles (encadrer des adhérents ou des pratiquants ne compte pas, précise associations.gouv.fr) ;
  • une association déclarée depuis un an au moins, dont toutes les activités relèvent de l'article 200 du code général des impôts ; en pratique, la déclaration en ligne demande ses numéros RNA et SIREN (associations.gouv.fr) ;
  • 200 heures dans l'année civile, dans une ou plusieurs associations, dont au moins 100 heures dans la même.

Le gain : 240 € de droits à la formation par année validée, avec un plafond de 720 € (D. 5151-14). Ils servent comme le reste du CPF, y compris pour une formation à la création ou à la reprise d'entreprise.

Le calendrier ne pardonne pas. Le bénévole déclare ses heures de l'année écoulée sur le service en ligne « Le Compte Bénévole » au plus tard le 30 juin (R. 5151-16). Un dirigeant de l'association les valide sur « Le Compte Asso » au plus tard le 31 décembre (R. 5151-17). Hors délai, les heures ne comptent pas (R. 5151-18). Responsables : désignez dès maintenant votre « valideur CEC » sur Le Compte Asso.

Exemple fictif : en 2026, Hadrien aura donné 220 heures comme président, dont 150 au club et 70 au comité départemental. Il déclare ses heures entre le 1er janvier et le 30 juin 2027 ; une fois validées, il gagne 240 € de droits, crédités sur son CPF au printemps suivant (associations.gouv.fr).

7. Chômage et RSA : bénévole oui, chez un ancien employeur non

Tout demandeur d'emploi peut exercer une activité bénévole (code du travail, L. 5425-8), à trois conditions :

  • pas chez un précédent employeur ;
  • pas à la place d'un emploi salarié ;
  • compatible avec la recherche d'emploi : le bénévolat n'est pas un motif légitime pour refuser ses obligations de demandeur d'emploi.

La règle vaut aussi pour le RSA : la personne qui le demande est inscrite sur la liste des demandeurs d'emploi de France Travail (L. 5411-1, 2°). Parlez-en à votre conseiller ou à votre référent, pour vérifier que votre engagement reste compatible avec les démarches prévues à votre contrat d'engagement.

Exemple fictif : Honorine, comptable en recherche d'emploi à Saint-Raphaël

Honorine tient bénévolement la trésorerie d'une association de soutien scolaire. Aucun problème : elle n'y a jamais été salariée, l'association n'a jamais payé de comptable et ses permanences du mercredi laissent la place aux entretiens. En revanche, si son ancien cabinet lui proposait de « donner un coup de main » sans contrat, ce serait non.

8. En entreprise, le bénévole n'existe pas

Message aux patrons de TPE : le bénévolat se définit par la participation au fonctionnement d'un organisme sans but lucratif (BOI-IR-RICI-250-20, § 180). Un ami, un voisin ou un jeune qui travaille gratuitement dans votre boutique ou sur vos chantiers, sur vos consignes, n'est pas un bénévole. Le jour d'un contrôle ou d'un accident, cette situation peut être regardée comme un emploi salarié non déclaré (L. 8221-5).

Les cadres prévus existent : le statut du conjoint qui travaille avec vous (notre guide Conjoint collaborateur), la convention de stage (Stagiaire : convention et gratification), le contrat de travail. Et dans l'autre sens, une entreprise peut encourager ses salariés à s'engager : bénévolat de compétences sur leur temps libre, ou mécénat de compétences sur le temps de travail, qui ouvre droit à la réduction d'impôt de l'article 238 bis du code général des impôts. Le mode d'emploi : notre guide Mécénat de compétence et d'entreprise.

9. La charte du bénévole et la fiche de frais

Une charte n'est pas obligatoire. Elle évite pourtant la plupart des malentendus : ce que l'association attend, ce qu'elle offre, comment se remboursent les frais, et le rappel qu'il n'y a ni salaire ni lien de subordination. Faites-la adopter par le bureau, signez-la à l'arrivée de chaque bénévole et gardez-en un exemplaire. La fiche de frais sert à chaque dépense : elle prépare soit le remboursement, soit l'abandon et le reçu fiscal. Les trois documents ci-dessous sont dans le fichier Word offert avec ce guide. Pour les statuts et le reste de la vie associative, voir notre Kit de la vie associative.

1. Charte du bénévole

Association : [nom, adresse du siège, numéro RNA ou SIREN] · Charte adoptée par [le bureau / le conseil d'administration] le [date]

Bénévole : [prénom, nom, adresse, téléphone, courriel] · Date de naissance : [date] [si mineur : autorisation écrite des parents jointe le (date)]

Mission : [description concrète : accueil, buvette, encadrement, trésorerie…] · Lieu : [lieu] · Disponibilités proposées par le bénévole : [jours, fréquence]

Référent dans l'association : [prénom, nom, téléphone]

Article 1. Un engagement libre. Le bénévole apporte son temps et ses compétences à l'association, librement et sans rémunération. Il n'existe entre eux ni contrat de travail ni lien de subordination. Le bénévole peut mettre fin à son engagement à tout moment, sans préavis ni indemnité ; il prévient simplement son référent pour faciliter le relais.

Article 2. Ce que l'association s'engage à faire. Accueillir le bénévole et lui présenter le projet associatif, les statuts et les personnes avec qui il agira ; lui confier une mission adaptée à ses compétences et à ses disponibilités ; l'informer des règles de sécurité ; le couvrir par son assurance de responsabilité civile [et sa garantie individuelle accident, contrat n° …, assureur …] ; lui proposer les formations utiles à sa mission ; rembourser ses frais selon l'article 4 ; lui délivrer sur demande une attestation de bénévolat ; valider, le cas échéant, sa déclaration d'heures au compte d'engagement citoyen.

Article 3. Ce que le bénévole s'engage à faire. Respecter les statuts, le règlement intérieur et les règles de sécurité de l'activité ; agir dans l'esprit du projet associatif ; respecter la confidentialité des informations sur les personnes accompagnées ; prévenir son référent en cas d'absence ; signaler tout incident ou accident ; ne pas engager de dépense importante sans accord préalable de [fonction].

Article 4. Les frais. Seuls les frais réellement engagés pour la mission, avec l'accord préalable de [fonction], sont remboursés, sur justificatifs et au moyen de la fiche de frais de l'association, au plus tard [délai] après la dépense. Les trajets avec le véhicule personnel du bénévole sont remboursés [au barème kilométrique fiscal des salariés / à … € par kilomètre], sur relevé des trajets. Tout bénévole peut obtenir ce remboursement ; il peut aussi y renoncer par écrit, et l'association lui délivre alors un reçu fiscal si elle y est habilitée. Aucune somme forfaitaire n'est versée.

Article 5. Le véhicule personnel. Le bénévole qui utilise son véhicule pour l'association a un permis valide, un véhicule assuré et à jour de contrôle technique, et vérifie auprès de son assureur que l'usage associatif [et le transport de personnes / de mineurs] est couvert.

Article 6. Image et données. [Le bénévole accepte / refuse] que son image soit utilisée dans la communication de l'association. Ses coordonnées servent uniquement à la vie de l'association et ne sont jamais cédées.

Fait à [lieu], le [date], en deux exemplaires.

Pour l'association : [prénom, nom, fonction, signature] · Le bénévole : [signature] [si mineur : signature d'un représentant légal]

2. Fiche de remboursement ou d'abandon de frais

Bénévole : [prénom, nom, adresse] · Mission : [mission] · Période : du [date] au [date]

Véhicule utilisé : [voiture / moto / scooter], [… CV], [thermique ou hybride / 100 % électrique], immatriculé […] · Le bénévole en est propriétaire : [oui / non]

Trajets (une ligne par trajet) : date […] · de [lieu] à [lieu], aller-retour [oui / non] · motif lié à l'objet de l'association [réunion, chantier, transport de matériel…] · kilomètres […]

Total des kilomètres : [… km] × barème [… € par km, barème de l'année : …] = [… €]

Autres dépenses (une ligne par justificatif) : justificatif n° […] · date […] · nature et objet précis [péage, fournitures pour…] · montant [… €]

Total des frais : [… €] · Justificatifs joints : [nombre]

Choix du bénévole (cocher une seule case) :

A. Je demande le remboursement de ces frais, par virement sur le compte [IBAN].

B. Je soussigné(e) [prénom, nom] certifie renoncer au remboursement des frais ci-dessus et les laisser à l'association en tant que don.

Date et signature du bénévole : [date, signature]

Cadre réservé à l'association. Frais vérifiés par [prénom, nom, fonction] le [date] · Option A : remboursé le [date] · Option B : frais inscrits dans les comptes le [date, compte], reçu fiscal n° […] délivré le [date] · Pièces classées [où]

3. Attestation de bénévolat

Je soussigné(e) [prénom, nom], [président(e) ou fonction] de l'association [nom, adresse, numéro RNA ou SIREN], atteste que [prénom, nom du bénévole] exerce une activité bénévole au sein de l'association depuis le [date] [ou : a exercé du (date) au (date)].

Fonctions et missions : [membre du bureau, encadrement de bénévoles, animation, trésorerie…] · Volume indicatif : [… heures par mois ou par an]

Cette activité est exercée à titre bénévole, sans rémunération ni lien de subordination.

Fait pour servir et valoir ce que de droit, à [lieu], le [date]. [Signature et cachet]

10. Questions fréquentes

Un bénévole peut-il être payé un peu, pour le geste ?

Non. Toute somme forfaitaire ou tout avantage peut être analysé comme une rémunération, avec le risque de requalification décrit en partie 1. Seuls les frais réels et justifiés se remboursent ; les chèques-repas sont possibles dans le cadre fixé par décret.

L'association est-elle obligée de rembourser les frais ?

Aucun texte cité ici ne l'y oblige : c'est à elle de fixer la règle, de préférence par écrit, dans la charte ou le règlement intérieur. Le bénévole peut demander le remboursement de ce qu'il a avancé pour elle ; il peut aussi y renoncer et recevoir un reçu fiscal si l'association est d'intérêt général.

Quel barème kilométrique pour un bénévole en 2026 ?

Celui des salariés, selon la puissance du véhicule : par exemple 0,636 € par kilomètre pour une voiture de 5 CV jusqu'à 5 000 km (barème publié en avril 2026, inchangé depuis 2023). Le tarif unique d'environ 0,30 € encore visible en ligne est périmé (partie 4).

Mon salarié veut prendre son congé d'engagement associatif : puis-je refuser ?

Oui, si un impératif de service le justifie, en lui donnant vos raisons. Le congé dure six jours ouvrables par an au plus, n'est pas payé sauf accord et ne s'impute pas sur ses congés payés. Il peut contester un refus devant le conseil de prud'hommes (L. 3142-57).

Faut-il une attestation de bénévolat ?

Aucune obligation. Elle sert au bénévole pour un CV, une validation des acquis de l'expérience ou une candidature. Le modèle est ci-dessus. Pour le compte d'engagement citoyen, c'est la validation en ligne sur Le Compte Asso qui compte, pas une attestation papier.

Des bénévoles qui viennent, et qui restent

Les associations tiennent grâce aux personnes qui leur donnent du temps, et ces personnes restent quand elles se sentent accueillies, couvertes et respectées. Les points d'appui à la vie associative de votre département (réseau Guid'Asso) répondent gratuitement aux questions des responsables ; votre assureur et votre centre des finances publiques tranchent ce qui relève d'eux.

Réseau Actif, association loi 1901 à but non lucratif du Pays de Fayence, réunit des entrepreneurs de tous les secteurs pour s'entraider : rompre l'isolement, partager son expérience, apprendre des autres. Ses guides sont gratuits et ouverts à tous, adhérents ou non. Vous créez une association ? Voir aussi notre guide Créer une association pas à pas.

Pour nous rencontrer : reseauactif.fr

Sources. Code du travail, articles L. 3142-54-1, L. 3142-55, L. 3142-57, L. 3142-58, L. 3142-58-1, L. 3142-59, L. 5151-7, L. 5151-9, L. 5411-1, L. 5425-8, L. 8221-1, L. 8221-5, L. 8224-1, D. 3142-43, R. 3142-44, D. 5151-14, R. 5151-16 à R. 5151-19, version à jour du 8 octobre 2026 ; code général des impôts, article 200, version à jour du 1er septembre 2026 ; code de la sécurité sociale, articles L. 412-8, L. 743-2 et D. 412-78, version à jour du 15 octobre 2026 (codes.droit.org), consultés le 16 octobre 2026 · Bofip, BOI-IR-RICI-250-20, § 170 à 240 (bofip.impots.gouv.fr), lu le 16 octobre 2026 · service-public.gouv.fr : « Frais engagés par les bénévoles d'une association : quelle fiscalité ? » (vérifiée le 5 novembre 2024), « Un bénévole ou un salarié peut-il utiliser son véhicule personnel pour les besoins d'une association ? » (6 novembre 2024), « Assurance des associations » (16 mars 2026), « Comment un bénévole dans une association peut-il se former ? » (11 mai 2026), « Frais professionnels : les barèmes kilométriques 2026 sont disponibles » (9 avril 2026), lues le 16 octobre 2026 · loi n° 2022-1157 du 16 août 2022, article 21, et réponse du Gouvernement à la question écrite n° 4137 (Assemblée nationale, 16e législature), lue le 16 octobre 2026 · associations.gouv.fr : pages « Le bénévolat c'est quoi ? », « L'assurance et la protection sociale des bénévoles », « Frais engagés par les bénévoles », « Chèques-repas des bénévoles », « Créer et administrer une association en tant que mineur », « Les congés et autorisations d'absence en faveur de l'engagement bénévole », « Le compte d'engagement citoyen », « Déclarer ses activités de bénévolat dans Le Compte Bénévole », « Le barème kilométrique applicable en cas de renonciation de remboursement de frais », et Guide du bénévolat 2024-2025 du ministère chargé de la vie associative (associations.gouv.fr), lus le 16 octobre 2026. Avertissement. Ce guide ne constitue pas un conseil juridique, fiscal ou social. Les exemples sont fictifs et les calculs indicatifs. Seule l'administration fiscale dit si une association peut délivrer des reçus fiscaux ; votre assureur, votre CPAM et France Travail fixent ce qui relève d'eux. Réseau Actif n'est pas un service de l'administration et ne fournit aucun document officiel. Version. Document établi le 16 octobre 2026 par Réseau Actif.


Ce guide est gratuit, et il le restera

Réseau Actif le met à la disposition de tous, sans rien demander en échange. L'association vit des cotisations de ses membres et des dons. Si vous le pouvez, aidez-la à continuer : un don libre, ou une adhésion pour participer à sa vie et voter en assemblée. Nos rencontres sont ouvertes à tous, adhérents ou non.

Faire un donAdhérerVoir les rencontres

Réseau Actif est une association loi 1901 à but non lucratif. Les dons ne donnent pas lieu à un reçu fiscal.

Les prochains guides, dans votre boîte

La lettre de Réseau Actif : les nouveaux guides pratiques et l'agenda des rencontres. Une adresse suffit.

Vous confirmez d'abord par un clic dans le message reçu. Votre adresse sert uniquement à cette lettre ; vous partez quand vous voulez.

← Ressources Le site de Réseau Actif